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Tome trentième.
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anime tout , & l’harmonie qui répand lesgrâces.

Son art poétique est un chef-d’œuvrede raison , de goût, de versification. En-fin Despréaux a une réputation au-dessusde toutes les apologies, & sa gloire feratoujours intimement liée avec celle desbclles-lettres francoifes.

II naquit au village de Cróne , auprèsde Paris en 1636. 11 essaya du barreau ,& ensuite de la sorbonne. Dégoûté de cesdeux chicanes ^ dit M. de Voltaire , ilne se livra qu’à^ son talent , & devintl’honneur de la France. I! fut reçu à l'a-cadémie en 1684 , & mourut en 1711,Tous ses ouvrages ont été traduits en an-glois. Son art poétique a été mis en versportugais ; 6c plusieurs autre* morceauxde ses poésies ont été traduits en verslatins &. en vers italiens. La meilleureédition qu’on ait donnée de ses œuvresen françois , avec d’amples commentai-res , a vu le jour à Paris en 1747 , cinqyol. i/2-8 0 .

Parallèle des satiriques romains &françois . Si présentement on veut rap-procher les caractères des poètes íatyri-ques dont nous venons de parler, pourvoir en quoi ils se ressemblent, & en quoiîls différent : " il paroîr , dit M. le bat-*> teux , qu’Horace & Poil eau ont en-» tr’eux plus de ressemblance , qu’ils n’er.« ont ni r un. ni l’autre avec Juvénal. Ils» vivoient tous deux dans un siécle poli,« où le goût étoit pur , ír l’idée du beauu fans mélangé. Juvénal au contraire vi-» voit dam le temps même de la déca-n dence des lettres latines , lorsqu’on ju» geoit de la bonté d’un ouvrage par sa,1 richesse , plutôt que par l’économie des» ornemens. Horace & Boileau plaisan», toient doucement , légèrement ; ilsy> rrótoient !e masque qu’à demi & en» riant ; Juvénal farrache avec calcrc :» ses portraits ont des couleurs tranchan-»» res , des traits hardis , mais gros ; il*> n’est pas nécessaire d’être délicat pour« en sentir la beauté. II étoit né excessif,„ Lc peut-être même que quand il feroitn- venu avant les Plir.es , les Séneques, Iles» Lncains , il n’auroit pu sc tenir dans les». bornes légitimes du vrai & du beau.

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» Perse a un caractère unique qui ne” sympatise avec personne. II n’est pas’

« assez aisé pour être mis avec Horace.

» II est trop sage pour être comparé à» Juvénal ; trop enveloppé & trop mysté-» rieux pour être jointà Despréaux. Aussi» poli que le premier, quelquefois auss» vif que le second, auss vertueux que le„ troisième , il semble être plus philoso-» plie qu’aucun des trois. Peu de gens ont» le courage de le lire; cependant la pre-» miere lecture une fois faite , on trouve» de quoi se dédommager de la peine dans„ la seconde. II paroit alors ressembler k,, ces hom m es-r ares dont le premier abord» est froid ; mais qui charment par leur'*5 entretien quand ils ont tant fait que de‘>, se laisser connoître ». ( Le chevalier deJaucourt. )

Les avantages du caraBtre de la satyre .

Satyre , si f. ( Belles-Lettres , Poé-sie. ) peinture du vice & du ridicule, «nsimple discours ou en actions.

Distinguons d’abord deux especes de sa-tyre , l’une politique & l’autre morale , &l’unefit l’autre, ou générale, ou personnelle.

La satyre politique attaque les vices dirgouvernement : rien de plus juste & deplus salutaire dans un état démocratique ;& lorsqu’un peuple qui se gouverne , estastèz sage pour sentir lui-même qu’ilpeut,ou se tromper , ou se laisser tromper;qu’ilpeut s’amoliir ou fe corrompre , don-ner dans des travers ou tomber dans des :vices qui lui seroient pernicieux ; il faittrès - bien d’autorifer des censeurs libres-& íi-veres à lui dire ses vérités , à les luidire publiquement , & par écrit, & furla ícene ; à l’avertir de ia décadence, onde ses loix , ou de ses mœurs ; à lui dé-noncer ceux' qui abusent de sa foi’olesteou de sa confiance ; ses complaisants, sesadulateurs , ses corrupteurs intéressés ;l’incapacité de ses généraux , I’ínfidélit!de ses juges , les rapines de ses intenòans,la mauvaise foi de ses orateurs , les follesdépenses de ses ministres, les intrigues &les maneges de ses opprestèurs domesti-ques , Ùc.

Le peuple Athénien est le seul qui aieeu cette sagesse ; non seulement il avi.itpermis à la comédie de censurer le-> mœuw