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trouve plus dans l’esprit de nitre , se ré-génèrent dans le nitre régénéré. Boyle aun traité curieux fur la production mécha-nique des formes. La lymphe ou seau ,n’est que le véhicule des sels , leur dissol-vant , leur mobile , & le mélange del'huile & de la terre varient seulementleur impression en mille façons différentes;íi nous ajoutons à ces variétés celles quifont prises de la nature de^ différons selssimples & composés , on aura des sourcesinépuisables de la diversité des faveurs.Quelle variété d’images la lumière neproduit - elle pas avec sombre feule !Quelle autre variété la combinaison dupetit nombre des couleurs, primitives & desombre , ne produit-elle pas encore ? Endoit-on moins attendre de la combinaisondes sels primitifs entr’eux ? Telle eíl lanature des saveurs en général : détaillons-en les différences principales , autant du-moins qu’on a pu trouver de mots pour lesexprimer.
11 eíl certain que c’est de la différence,grosseur , figure & mouvement des corpssapides que naît de la variété des Javeurspar exemple :
i°. Le salé , que produit la diverse fi-gure des sels.
2 . 0 . L’acide ; tel est le goût de plusieursfruits d’été , du vin , du vinaigre , del’esprit de souffre , de nitre , de vitriol ;car toutes ces choses font acides, quoiqued’une acidité fort différente.
3°. L’alkalin , comme font les sels uri-neux qui sentent surine putréfiée.
4°. Le doux ; tel est le goût de la plu-part des végétaux quand ils font bien mûrs;celui du sucre , du miel , de la manne ,
i ce Mi est doux appartient à la
dalle des acides.
. 5 • ^ vineux , qui est celui de tous lesvins , de toutes les bieres &c.
6 . L amer, comme des deux biles , de,1’absynthe , de 1 aloès de la coloquinte ,des huiles rances, &c. tel est encore legoût de la dissolution du cuivre , de lasolution de sargent dans l’esprit de nitre.
7°. L’aromatique ; ce nom appartientà tous les végétaux qui ont en mâchant ungoût & une odeur forte.
8°. L’âcre ; comme seuphorbe , s ail,
1 oignon k les autres acres d’une odeur dé-1
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sagréable, différens en cela des aromates.
9 P . L’austere ; tel qu’on remarque dansla noix de galle dont on fait l’encre , dansl’encre même , dans le chêne , dans lesoranges vertes, L’austére est une eí-pece d’âcre ou d’aigre qui resserre les fibres.
io Q . Enfin toutes les autres faveurscomposées des précédentes , qui font desnuances de goût à sinfini , & pour ^'im-pression desquelles nous n’avons point denoms.
Mais quelles que soient les différentessensations qui s’excitentàlalanguepar lescorps savoureux , elles dépendent toujoursde la différente figure de ces corps ; lesmatières qui auront des parties fort poin-tues & fort tranchantes, feront une im-pression fort vive ; celles dont les partiesn’auront que des pointes peu aiguës, neferont que chatouiller la langue ; enfinles parties qui auront une surface lisse &polie , n’y pourront faire aucune impres-sion : par exemple , sacide du vinaigrese fait sentir vivement à la langue & sûrles nerfs ; mais si on l’unit avec le plomb,,il forme avec lui un composé d’un goûtdoux comme celui du sucre. L’esprit denitre qu’on peut appeller un véritablefeu , & qui est si caustique , n’est pluscorrosif lorfqu’il est mêlé avec l’esprit-de-vin ; il donne alors une liqueur douce &aromatique : ce font les parties huileuses,de Pesprit-de-vin qui enveloppent sacide& sempêchent d’agir si fortement. Lesmatières terrestres mêlées avec un acidedonnent un goût austere ; & si elles do-minent , le goût fera acerbe : le sel alkaliplus il est pur , plus il devient acre ; sa-cide vitriolique joint à la base du sel ma-rin , du tartre , du salpêtre , composé unsel amer. Pour les matières terrestres &aqueuses , elles sont insipides , de mêmeque les huiles dépouillées de leurs sels.
On peut produire des corps de disséren-tes faveurs par une infinité d’aurres mé-langes ; fart peut faire des amers avecune matière huileuse & avec un acide :par exemple, le baume de Pérou & s a lcide nitréux , forment un composé très-amer. Cependant on ne sauroit établir desréglés générales là-dessus ; on ne connoîtpas assez bien pour cela les mélanges des.i corps, D’ailleurs il ne faut pas douter que.