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la matière da feu qui est répandue par-tout ne contribue beaucoup à varier lesjaveurs ; témoins les sels alkalis, qui de-viennent toujours plus caustiques , à pro-portion qu’on les expose au te u.
Quand les sels qui font introduit dansles pores de l’organe du goût sont entiers,presque seuls & non mitigés par quelquealliage,alors ces sels sont des especes d’épéesqui font dans l’organe des impressionsviolentes , Hc on les appelle désagréables ,fi cette violence révolte la substance sen-sitive. Quand les sels sont enveloppés parles parties huileuses ou sulfureuses , demaniéré que leur tranchant est entiè-rement caché , que leurs pointes mê-mes embarrassées ne peuvent qu’ébranlerlégèrement les houpes nerveuses , alorscet ébranlement léger fait une faveurdouce ; & elle est agréable quand elle ex-cite dans le tìuíde sensitif cette émotionvoluptueuse qui sait l’essence du plaisir.Voilà les deux saveurs opposées, la faveuragréable , & la Javeur désagréable. Il y aentre ces deux extrêmes , & de plus danschacun de ces extrêmes , des variétés fansnombre.
Les saveurs violentes font pour l’ordi-naire désagréables ; & les Javeurs qui nefont que chatouiller pour ainsi dire l’or-gane , sont ordinairement agréables ; maisil faut ajouter de plus , que ces sensationsexigent certaines dispositions de l’imagi-nation qui reçoit les impressions.
Toutes saveurs douces ou légeres nesont pas agréables, ni les acres désagréa-bles ; il est des douceurs qu’on appelleinsipidité , & des acres qu’on recherche.
Ên supposant même une javeur recon-nue par plusieurs pour acre, désagréable,on trouvera tel goût auquel cet acre plairabeaucoup , & un autre auquel le ssucrele plus friand donnera des envies de vo-mir. L’imagination entre donc encorepour fa part dans la sensation du goûtaussi-bien que dans toutes les autres. Pour-quoi haïssois-je jadis l’amertume du café ,& qu’elle fait aujourd’hui mes délices ?Pourquoi la premiers huître que j’ai ava-lée m a-1—elle tait autant d’horreur qu’u nemédecine , & qu’inseníiblement ce metsest devenu un des plus friands ragoûts ?
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Cependant faction du café & des huîtresfur mes organes n’a point changé , la dis-position méchanique de ces organes estaussi toujours à-peu-près la même. Toutle changement est donc du côté de l’ame,qui ne sc forme plus les mêmes idées àl’occasion des mêmes impressions. 11 n’ya donc pas d’idée attachée essentiellementà telles ou telles impressions , au moins iin’y en a poirH que l’ame ne puisse char-ger ; de—là viennent ces goûts de mode,ces mets chéris dans un pays , détestésdans d’autres ; de—Ii vient enfin qu’ons’accoutume au désagréable , qu’on le.mé-tamorphose quelquefois en un objet deplaisir , & qu’il tombe ensuite en unobjet de dégoût. (Ze chevalier du Jau-
COURT. )
SAUF , SAUVE , adj . ! Gramm. ) quiest en sûreté , à qui il n’eíl point arrivede dommage ou d’accident, à qui il n’tnsanroit arriver. Il est sorti de cette actionsain & sauf. 11 a obtenu son bagage & savie fauve ; sauf mon honneur, j’abandon-nele reste \saus à recommencer \jdusi.se rebattre.
Sauf, ( Gramm. Jurisprud. ) termede pratique qui sert à exprimer la réserve& exception que l’on sait de quelque cho-se , comme quand on dit Jans à Je pour-voir , c’est-à-dire qu’on se réserve à sepourvoir. ( Jì )
SAUF-CONDUIT , {Droitpolitique.)les faus - conduits font des conventionsfaites entre ennemis St qui méritentqu’on en dise quelque chose. On entendpar svtf-conduit un privilège accordé àquelqu’un des ennemis fans qu’il y ait ces-sation d’armes, & par lequel on lui ac-corde la liberté d’aller & de venir ensûreté.
Toutes les questions que l’on proposesur les saus-conduits peuvent se décider »ou par la nature même des saus-conduitsaccordés , ou par les réglés générales dela bonne interprétation.
i°. Un sauf-conduit donné pour de?gens de guerre regarde non-scu!ement desofficiers subalternes mais encore ceuxqui commandent en chef , c’est l’utàgenaturel & ordinaire des termes qui le veutainsi.