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Tome trentième.
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est médiocre , à cause du droit que l’ab-besse de Fontevrault y prend du ving-tième boisteau de blé ; enstn les foiresqu'on y tient íbrr misérables , parcequ’elles ne font pas franches.

Si Saumur est aujourd’hui dans la dé-cadence ; c’est une raison de plus que j’aide ne pas oublier le$ noms des personnesillustres dans les lettres, dont elle est lapatrie.

C appel ( louis ) , qui y est né , â faitparoître dans tous ses ouvrages beaucoupde jugement, de littérature , de critique,& d’crvdition. 11 est un des premiers quia démontré invinciblement la nouveautédu point voyelle du texte hébreu ; & ila eu raison aintitujer son ouvrage, arca-num pmichiationis revelatum, Sa criticasacra , imprimée à Paris en ió^o , fitausti beaucoup de bruit. Sa chronologiesacrée, & ía description du temple de Sa-lomon , ont été publiées dans les prolé-gomènes de la Polyglotte d’A.ngleterre.On a imprimé à Amsterdam en 1689 ,les commentaires latins fur le vieux Tes-tament : ce savant homme mourut dansfa patrie en i6z8 , âgé de 63 ans.

La célébré Anne le Fevre , fille de Tan-negui le Fevre , qui épousa M. Dacier,naquit à Saumur en 1051, Après avoirperdu son pere , elle vint à Paris & don-na pour son premier ouvrage les œuvresde Callimaque , qui furent suivies d’unebelle édition de Florus. Sa renommée s’é-.fendit par toute l’Europe , & Christine,peine de Suede , lui en fit faire des com-plimens par le comte de Konigsmark.

Au commencement de l’année 168Z,elle épousa M. Dacier , avec lequel elleavoit été élevée dès fa premiere jeunesté,& tous deux se firent catholiques ; ceçhangement do religion valut à M. Da-cier une pension dé quinze cens livres,& à son épouse une de cinq cens. Setrouvant plus à leur aise , ils reprirentleurs travaux littéraires , & M. le duc deMontaufier qui les protégeoit de tout sonCrédit , engagea madame Dacier à tra-vaillés aux livres qu'on nomme Dauphins.

Elis mit au jour , i v . Diclys cretensisL Parcs phrygius , a d uj'um delphini ,Paris r684 ,V 4 °. stxti Aurclìi

s A U

Vicions , historia romana ad ufum del-phini ; f. Eutropu historia , romana ,ad uj'um delphini.

Cette savante dame , fort supérieure àson mari pour l’esprit , pour le goût, &par la maniéré d’écrire , a encore donné;i°. les poésies d’Anacréon & de Sapho ,traduites dugrec; 2 0 . lePintus & les Nuéesd’Aristophane ; zso trois comédies dePlante ; 4 0 .celles de Térence ; $ g . l’Iliade& l'Odistée d’Homere. Ces deux derniersouvrages lui sont un honneur infini ; on nepouvoit lui reprocher que trop d’admira-tion pour les auteurs qu’elle avoit tra-duits du grec. M. de la Motte ne l’atta-qua qu’avec de l’esprit , & elle ne com-battit qu’avec de l’érudition ; elle oubliamême les égards qu’elle devoir à un ad-versaire estimable , & la politesse qui siedsi bien à toutes sortes de personnçs , feprincipalement à une dame.

Elle fut plus honnête vis-à-vis des étran-gers , qui admiraient comme elle les an-ciens , & qui venant à Paris , ne man-quoien,t pas de lui rendre visite ; un d’cuxsuivant la coutume d’Allemagne , lui pré-senta son livre ( album ), en la priantd’y mettre son nom & une sentence. Ellevit dans ce livre les noms des plus favanshommes de FEiirope , & elle le renditauífi-tôt en lui disant , qu’elle rougiraitde mettre son nom parmi tant de nomscélébrés ; enfin vaincue par les sollicita-tions de l’étranger , este prit la plume &écrivit ce vers de Sophocle.

Tvvoutjtv h <royn tpî'pa %tru.ov.

Le silence est tornement desfemmes.

Elle est morte au louvre en 1720 , à69. ans.

Supervïlle ( Daniel ) , se destina debonne heure à l’étude de la théologie, &sortit de France à la révocation de l’éditde Nantes. Les magistrats de Rotterdamle nommèrent pasteur de l’église Walonnede leur ville, où il mourut en 1728 , âgéde près de 71 ans. II a écrit des livres depiété qui sont estimés , entr’autres cinqvolumes de sermons œz-8°. outre un íagetraité fur les vérités & les devoirs de lareligion en forme de catéchisme ; cesdeux ouvrages ont été imprimés plusieurs