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Tome trentième.
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r/4 S A V

Au plus haut de la maison, on a unou deux grands appastemens ouverts àplusieurs vents, appellés cyjugants ; c’est-îà où le savon achève de le ficher , oul’on Je coupe , où l’on le met dans desronds en forme de tours, & ou on l’em-balle.

La composition du savon se fait ,comme nous avons dit, avec*1 huiled’olive , toute graisse ou autre matièrerend la qualice imparfaite & très-rriau-vaisc ; toute huile d’olive est bonne ; lesmeilleures font celles du royaume deCandie & du Levant ; elles ont plus deconsistance , & on en tire une plusgrande quantité de savon.

Pour rendre l’huiíe capable de s’épaif-sir, ce qu’on appelle empâter , on se sertde la lessive qu’on tire des cendres dulevant, de la bacille , bourde & solicots,qui viennent d’Espagne ; on mêle cesmatières quand elles simt concassées avecun tiers de la chaux , Sc après avoir étébien méle'es , on en remplit les barquieux ,d’où distille la lessive.

La cuite du savon est faite ordinaire-ment dans six ou sept jours ; il doit sentirJa violette quand il est bien cuit, & pourêtre de parfaite qualité , il faut qu’il nepique pas trop loríqu’on lui appuie le boutde la langue dessus.

Pour faire le savon marbré , dans l’artappelle madré , on fe sert encore de lacouperose , qui donne le bleu , & de laterre de cinnabre qui donne le rouge ,ce qu’on appelle manteau.

La fabrication du savon blanc se faitavec la lessive de la cendre du levant ;quelquefois avec la bardle, Sc on nechange pas la lessive comme au savon ma-dré , on le met tout de même dans desmises, & on lui donne plusieurs épais-seurs différentes.

Les outils Sc ustensiles pour la fabri-cation n’ont rien de décidé ; pourvuqn’on fabrique , réimporte avec quels ou-tils : l’ufage , l’expérience Sc la commo-dité en ont pourtant adopíé quelques-uns ,mais tout aboutit à des grands couteaux ,des truelles pour racler la croûte du/ù-yon , des sceaux attachés à des perches ,des cornues, des cabas, &c.

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SAVON , considéré comme médica-ment , est d’un grand usage en chirurgie& médecine. La première l’emploie pourrésoudre les tumeurs ícrophuleuíes &goutteuses, & dans l’emplâtre de savon,qui est fondante , résolutive, & en moinetemps adoucissante & amollissante.

Lc savon est employé par les méde-cins pour l’usage intérieur de différentesmaniérés, & en différentes occasions.On a reconnu son utihté dans les obstruc-tions du soie, de la rate, de la matrice& du poumon. Mais comme ce remedeest fort actif , on doit le donner avecprudence & discrétion, & l’adoucir avecdes émussions , & autres boisions quel’on prescrira pendant son usage.

La façon d’agir du savon fur nos hu-meurs dépend de íà nature & de fa com-position. Les huiles qui le composent setrouvant divisées par un alkali en font unmédicament détersif,apéritif,6c mondicatif;il peut dissoudre les gommes, les mucilages,les refînes, les soufres, les huiles, les grais-ses grossières ; il les rend tous solublesdans seau à l’aide de la chaleur , du mou-vement Sc de la transpiration. Ainsi , !ejavon Sc la lessive sont excellons pourouvrir , délayer , résoudre & atténuer ,rendre les humeurs fluides , lever lesobstructions , & rendre aux parties lumouvement qu’eíles avoient perdu.

Le Javon produit des effets sorprenansfur les concrétions formées par une huile& une terre grossière ; il empêche lesacides de coaguler le chyle & ie lait ; &;supposé qti’ils Je soient, il les résout.

Le javon fait ce que l’huile feule &l’alkali séparé de l’huile n’auroient puopérer.

On peut, pour remplir différentes in-dications , suivre d’autres procédés dansla fabrique du javon. Ainsi on fait unJavon avec l’huile de térébenthine , doncl’usage est très-étendu; on y joint defopium, des racines d’héllebore & ré-glisse pour faire le Javon de Starkei.

Le Javon de baume de soufre est aussiexcellent pour les maladies de la poi-trine & du poumon , pour corriger l’é-pa-.ssissomenr de la limphe branchiale.

Le Javon ordinaire fe donne en bols,

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