S A V
Après que ce mélange est achevé , &que la matière a été réduite en consistancede pâte , on la renverse fur une planche ,où après y avoir mis l’autre tiers de lapoudre , on la pétrit long-temps & exac-tement de la maniéré que les boulangersont coutume de pétrir leur pâte. En cetétat , on la tourne dans les mains, & l’ondonne forme ronde aux savonnettes , enles applatissant néanmoins un peu d’uncôté pour y mettre la marque du mar-chand , qui s’impríme ordinairement avecune espece de poinçon de bois gravé encreux.
II faut observer que pour bien tournerles savonnettes , il faut avoir près de foide la poudre à cheveux la plus sine , poury tremper de temps en temps les mains ,crainte que cette pâte qui est très- tena-ce , ne s’y attache.
Ceux qui y veulent mêler des parfums,répandent quelques gouttes d’estènce furla pâte quand on est près de lui donner faderniere façon. (D. J.)
S AVONNEUSE , pierre , ( Ifisi. nat. )lapis Japonaceus ; nom donné par quel-ques auteurs à la pierre de lard, parcequ’elle est douce au toucher comme duiavon.
On appelle auffi terre savonneuse , uneterre argilleufe très-sine , & douce antoucher comme la terre cimolée , oucomme celle que les Chinois appellenthoatché. Voyez ces articles.
On appelle encore terre savonneuse ,une terre qui fe trouve dans le voisinagede Smyrne , & qui étant très-chargée desel alkali naturel, sert â faire du iavon.Voyei Smyrne, terre de.
SAVONNIER , f. m . ( Hiíì. nat. Bot.)sa p indus ; genre de plante â fleur en rose,compo.ee le plus souvent de cmatre pé-ía-es , le pistil sort du calice qúi est aussicompose de quatre feuilles , & il devientdans la fuite un fruit sphérique , qui ren-ferme un noyau de la même forme que lefruit, & dans lequel on trouve une aman-de sphérique auffi. Tournesort, I. R. H.App. Voyei Plante.
Les botanistes le nomment sapindus ,comme qui diroit fapo-Indus. On a déjàcaractérisé , & trop tôt, cet arbre étran-Totne XXX . '
S K V 177
ger des Iles Antilles & de la terre fer-me d’Amérique , fous le nem d ’arbre dsavonnettes ; il vaut la peine qu’on le dé-crive ici.
Son fruit qui est de la grosseur d’unenoix verte , étant écrasé sur le linge , yproduit le même ester que le savon ; jjfait une mouise blanche & épaisse , quidécrasse à merveille , mais en nettoyantle linge , il l’use beaucoup & le brûle ;ilest vrai que c’est fur-tout à décrasser lesbardes des negres qu’on Pemploie.
Les feuilles du savonnier font pour l’or-dinaire longues de trois pouces , largesd’un pouce , vertes , brunes & luisantes ;elles font placées deux à deux , duresrecourbées de maniéré â laisser un petitcreux dans le milieu. Comme elles fonten grande quantité , & pressées le longdes branches , elles procurent un om-brage frais.
Les fleurs naissent par bouquets , longsde plus d’un pié s’élevant en pointe com-me une pyramide. On remarque d’abordde petits boutons blanchâtres , qui venantà éclore , forment une fleur composée dequatre pétales , & soutenue par un calicefendu en quatre quartiers. A ces fleurssuccèdent des fruits ronds , de la grosseurdes noix de gale , verds , revêtus de leurcoque. La peau de l’enveloppe est assezlisse & forte elle est verte au commen-cement , jaunit ensuite , & brunit enfinquand le fruit est tout à fait mur. Ellerenferme une mastb épaisse , mollasse,visqueuse , fort amere ; c’est une matièrequi décrasse les bardes & le linge , ce quia valu le nom de savonnier â l’arbre quila porte.
Le milieu de cette noix est occupé parun noyau presque rond , noir , remplid’une substance blanche , ferme , & d’ungoût approchant de celui des noisettes.On en tire de . l’huile qui éclaire parfai-tement bien.
Ce arbre est un des meilleurs qui crois-sent aux îles. II est droit , rond , ayantprès d’un pié de diamètre , & quinze piesde tige ; son écorce est grise, mince,seche & très-peu adhérente ; l’aubier estrougeâtre , pesant, compacte & fort dur.il faut de bonnes haches pour l’abattre ;