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iîs ravagent tout ce qu’ils rencontrent.On peut lire fur leurs dégâts en Afrique ,Léon l’africain. Leurs noms en hébreuqui signifient dévorer , consumer , nefont pris que des ravages qu’elles exer-cent.
Les histoires anciennes & modernesparlent d’une efpece de sauterelles com-munes dans les pays orientaux, dont lachair est blanche & d’un goût excellent.Les peuples de ces contrées les préparentdifféremment : les uns les font bouillir, &les autres les font sécher au soleil, avantque de les manger. Dampier rapportedans ses voyages , que cela se pratiquoitencore de Ion temps. Il ajoute que dansquelques îles de la mer des Indes, il y ades sauterelles de la longueur d’un pouce& demi , de la grosseur d’un petit doigt ,ayant des ailes larges & minces & desjambes longues & déliées ; les habitansles rôtissent dans une terrine , où les ailes& les jambes se détachent ; mais la tête& le corps deviennent rouges comme lesécrevisses cuites.
Au royaume de Tunquin les habitansen amassent autant qu’ils peuvent , lesgrillent fur des charbons , ou bien leslâlent, afin de les conserver. Lorsqu’en1693 il se répandit en Allemagne une ar-mée de sauterelles , quelques personnesessayerent d’en manger. Le célébré Lu-dolph qui avoit tant voyagé en Orient,ayant trouvé qu’elles étoient de l’especedont les Orientaux font cas, en fit pré-parer à leur maniéré , & en régala le ma-gistrat de Francfort. ( IJ. J. )
Sauterelle-puce , ( Hist. nat. desinjedes. ) petit infecte qui saute. On voitnaître au printemps plutôt ou plus tard ,selon que la saison est plus ou moins avan-cée, certaines écumes blanches , qui Rat-tachent indifféremment à toutes sortes deplantes. Nos Naturalistes jufqu’á Sawarn-merdam & Poupart n’ont point connu lacause de ces écumes. Isidore de Séville ,ainsi nommé , parce qu’il étoit archevê-que de cette ville en 601, prélat estima-ble , mais mauvais physicien , s’eít ima-giné que c’étoit des crachats de coucou.Quelques-uns ont pensé que c’étoit la seve,le suc des plantes qui s’extravaíoit. D’au-TomeXXX.
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tresj comme Mousset, que c’étoit únsrosée écumeuse. D’autres enfin ont pré-tendu que ce font des vapeurs qui s’élè-vent de quelques terres par la chaleurde l’atmoíphere , & qui s’attachent auxplantes, mais toutes ces opinions ne fontque des erreurs.
M. Poupart a le premier découvert lavéritable origine de cette écume printa-niere dans les Mémoires de t académie desSciences , année 1705 , ou du-moins il 2le premier développé ce que Swammer-dam n’avoit fait que conjecturer. Cethomme, né pour l’étude des insectes ,patient pour les observer , adroit pour enfaire la délicate anatomie quand la choseétoit possible , a prouvé que cette écumeétoit l’ouvrage des jauterelles qu’il avoirdécrites dans le Journal des Javans , en
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Elles font fort petites & sautent commedes puces, d’où leur vient le nom qu’ellesportent. Leurs piés de derrière n’excè-dent pas la hauteur de leur dos , ainsi quefont ceux des autres sauterelles : ils fonttoujours pliés fous le ventre comme dansles puces , ce qui fait que les sauterelles -puces sautent extrêmement vice , & sansperdre le moindre temps. Elles ont unaiguillon roide & fort pointu, avec lequelelles tirent le. suc des plantes. Ce fontpeut-être les feules eí’peces de sauterellesqui aient un aiguillon. Toutes les autresqui font connues ont une bouche , deslevres & des dents , avec lesquelles ellesmangent les herbes & même la vigne.
Vos locujlx .; ,
Ne meus Icedatis vites : surit enini tenerœ.
Nos sauterelles-puces font des œufsd’où naissent d’autres petites sauterellesqui font enveloppées pendant quelquetemps d’une fine membrane. Cette mem-brane est un fourreau qui a des yeux , despiés , des aîles-, & d’autres' organes quifont les étuis de semblables parties dupetit animal qu’elles renferment. Quand ilfort de son œuf, il paroît comme un petitver blanchâtre. Quelques jours après , ildevient couleur de verd de pré, couleurque le suc des plantes , dont il se nourrit ,pourroit bien lui communiquer. Alors ilressemble presque à un petit crapeau ou à