DU SYSTÈME DU MONDE. a6x
Les déclinaisons du soleil et de la lune influent encore sur leretard journalier des marées des équinoxes et des solstices ; il doitêtre plus grand vers les sysigies des solstices , que vers les sysigiesdes équinoxes ; plus grand encore vers les quadratures des équi-noxes , que vers les quadratures des solstices. et dans ce second cas,la différence des retards est quatre fois plus grande que dans lepremier cas. Les observations confirment avec une précision remar-quable, ces divers résultats de la théorie.
Les marées delà seconde espèce, dont la période est d’un jour,sont proportionnelles au produit du sinus, par le cosinus de ladéclinaison des astres : elles sont nulles, quand les astres sont dansl’équateur, et elles croissent à mesure qu’ils s’en éloignent. En secombinant avec les marées de la première espèce; elles rendentinégales, les deux marées d’un même jour. C’est par cette cause, quela marée du matin , à Brest, est d’environ o wc ,i83, plus grande quecelle du soir, vers les sysigies du solstice d’hiver, et plus petite dela même quantité , vers les sysigies du solstice d’été, comme on l’avu dans le premier livre. La même cause rend encore la marée dumatin, plus grande que celle du soir, de o m ',l36, vers les quadra-tures de l’équinoxe d’automne, et plus petite de la même quantité,,vers les quadratures de l’équinoxe du printemps.
En général, les marées de la seconde espèce, sont peu considé-rables dans nos ports ; leur grandeur est une arbitraire dépendantedes circonstances locales qui peuvent les augmenter et diminueren même-temps les marées de la première espèce, jusqu’à les rendreinsensibles. Imaginons en effet, un large canal communiquant parses deux extrémités, avec l’océan : la mai'ée dans un port situé surla rive de ce canal, sera le résultat des ondulations transmises parses deux embouchures ; or il peut arriver qu’à raison de la situationdu port, les ondulations de la première espèce y parviennent dansdes temps tels que le maximum des unes coïncide avec le minimumdes autres; et si d’ailleurs, elles sont égales entr’elles, il est clairqu’il n’y aura point de flux et de reflux dans le port, en vertu deces ondulations. Mais il y aura un flux produit par les ondulationsde la seconde espèce, qui ayant une période deux fois plus longue,ne se correspondront point de manière que le maximum de celles