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Tome trentième.
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Les trois scivsmes les plus fameux dansla religion chrétienne font i°. le schismedes Grecs , commencé dans le ix. íìeclepar Photius , Lt consommé dans le xj. parMichel Cerularius, tous deux patriarches«le Constantinople. II subsiste encore mal-gré les différentes tentatives qu’on a faitesen plusieurs conciles généraux pour y met-tre sin , & les facilités que l’égîife romainea toujours apportées à la réunion, ssoye^Varticle suivant.

2°. Le grand schisme d’Occident com-mencé en 1378 , entre Urbain VI. & Clé-ment VII. 6 c continué par les antipapes,successeurs de celui-ci , contre les papeslégitimes, successeurs du premier , jufqu’àl’an 1429 , que Martin V. fut reconnu seulpape & vrai chef de l’Eglife. On comptedivers autres schismes particuliers arrivésdans l’églife de Rome à l’occaíion de sélec-tion des papes, mais qui n’intéreííent pas sivivement, ou ne partagèrent pas les églisesnationales d’Occident , comme dans lexiv.& le xv. siécles.

3°. Le schisme d’Angleterre par lequel,fous Henri VIII. l’Eglife de cette île com-mença à fe séparer de la communion dusiégé de Rome , auquel elle avoit été uniedepuis la conversion de l’Angleterre à lafoi. Ce schsme prit de nouvelles forces fousEdouard VI. 6 c fut consommé sous Eli-sabeth.

La séparation des protestans d’avec l’E-glife romaine est aussi un vrai schisme ; onpeut voir fur cette matière l’ouvragedeM.Nicole, intitulé les prétendus réformes con~Vaincus du seins ne.

Quelques auteurs distinguent un schsmestà). ^ un sdiisne 3 .â ì {'_ p| s entendent parJeiujme achf celui d\, ne portion de la chré-tienté , qui d elle-même s’est séparée ducorps de l’Eglise. Tel est le sciúsne desGrecs tk des Anglois, qui selónt eux-mô-rr.es soustraits volontairement à l’obéif-fance dûe au saint liège.

Vr: schsme passif , ils entendent la sépa-ration d’une portion de la chrétiennetéexclue de la communion avec le reste dessideles pour cause d’hérésie. Cette idéeJ>eut avoir lieu par rapport à quelques sec-

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tes que l’Eglife déclare séparées d’elle , àcause de leur opiniâtreté ; mais les protes-tans ne sauroient abuser de cette notionpour rejetter la faute de leur séparationsur les catholiques romains; car il est prouvépar tous les monumens historiques du temps& par tous les écrits des calvinistes & desluthériens, qu’avant le concile de Trente ,qui a anathématisé leurs erreurs, ils crioientque l’Eglife romaine étoit la Babylonecorrompue , que le pape étoit l’antechrist,qu’il falloir s’en séparer , & ils s’en fontséparés en effet. Aussi le schsme est actifde leur part.

Les Anglicans regardent parmi eux commem schisme la séparation des non-conformisites , des presbitériens , des indépendans ,des anabaptistes & autres qui ont prétenduréformer la réforme.

Schisme des Grecs , ( Hïst. ecclé-siastique. ) on appelle schisme des Grecs ,la séparation de Photius d’avec la com-munion de Rome , vers l’an 868.

Comme cette séparation des Grecs &des Latins n’étoit pas seulement la plusgrande affaire que l’Eglise chrétienne eûtalors fur les bras, mais qu’elle est encoreaujourd’hui regardée comme une chosetrès-importante ; il en faut tracer l’ori-gine , & c’est le peintre moderne del’histoire universelle qui m’en fournira letableau.

Le siégé patriarchal de Constantinopleétant, dic-il , ainsi que le trône, l’cbjet del’ambition , étoit sujet aux mêmes révolu-tions. L’empereurMichelIII. mécontent dupatriarche Ignace , l’obsigea à signer lui-même fa déposition , &. mit à fa placePhotius, eunuque du palais , hommed’une grande qualité, d’un vaste génie ,& d’une science universelle. Il étoit grand-écuyer & ministre d’état. Les évêquespour l’ordonner patriarche , le filent pal-ier en six jours par tous les degrés. Lepremier jour on le fit moine , parce cueles moines étoient alors regardés commefaisant partie de la hiérarchie. Le secondjour il tut lecteur, le troisième soudiacre,puis diacre , prêtre , & enfin patriarche ,se jour de Noël en 8;8.

Le pape Nicolas prit le parti d’Ignace,K k 2