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& excommunia Photius. Il lui reprochoitsurtout d’avoir passé de l’état laïc à celuid’évêque avec tant de rapidité; mais Pho-tius répondoit avec raiíòn , que S. Am-broise , gouverneur de Milan , &^à peinechrétien r avoit joint la dignité d’evêqueà celle de gouverneur plus rapidementencore. Photius excommunia donc le papeà Ion tour , & le déclara dépoté. II prit letitre de patriarche écuméntque , & accusahautement d’héréfie les évêques d’Occi-dent de la communion du pape. Le plusgrand reproche qu’il leur faisoit, rouloitsur la procession du pere & du fils. Deshommes , dit-il dans une de ses lettres,sortis des ténèbres de l’Occident , onttout corrompu par leur ignorance. Lecomble de leur impiété est d’ajouter de nou-velles paroles au sacré symbole autorisépar tous les conciles , en disant que le S.Esprit ne procede pas du pere seulement,mais encore du fils, ce qui est renoncer auchristianisme.
On voir par ce passage & par beaucoup,d’autres , quelle supériorité les Grecs af-fectoient en tout fur les Latins. Uspréten-doient que l’Eglise romaine devoit tout àla grecque , jusqu’aux noms des usages ,des cérémonies , des mystères, des digni-tés. Baptême , Eucharistie , Liturgie,diocèse , paroisse , évêque , prêtre , dia-cre , moine , église , tout est grec. Ilsregardaient les Latins comme des disciplesignorans , révoltés contre leurs maîtres.
Les autres sujets d'anathême étoient,que les Latinssefervoient du pain non levépour l’Eucharistie , mangeoient des œufs& du fromage en carême , & que leursprêtres , ne se faisoient point raser la barbe.Etranges raisons pour brouiller l’Occidentavec l’Orient.
Mais quiconque est juste , avouera quePhotius étoit non-seulement le plus savanthomme de l’église , mais un grand évêque.II fa conduisoit comme S. Ambroise ;quand Bazile , assassin de l’empereur Mi-chel , se présenta dans l'églife de Ste. So-phie , vous êtes indigne d’approcher dessaints mystères , lui dit-il à haute voix ,vous avez encore les mains fouillées duátng de. votre bienfaiteur. Photius ne
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trouva pas un The'odose dans Bazile. Cetyran fit une choie juste par vengeance,il rétablit Ignace dans le siège patriar-chal, & chassa Photius. Rome profita decette conjoncture pour faire assembler àConstantinople le huitième concile écu—menique, composé de trois cens évêques.Les légats du pape présidèrent, mais ilsne savoient pas le grec ; & parmi les au-tres évêques, très-peu la voient le latin.Photius y fut universellement condamnécomme intrus, & soumis à la pénitencepublique. On signa pour les cinq patriar-ches avant que de signer pour le pape ;ce qui est fort extraordinaire : car puis-que les légats eurent la preroiere place,ils dévoient signer les premiers. Mais entout cela les questions qui partageoient1 Orient & l’Occident ne furent pointagitées : on ne vouloir que déposerPhotius..
Quelque temps après le vrai patriar-che , Ignace, étant mort , Photius eucl’adreslè de se faire rétablir par l’empereurBazile. Le pape Jean VIII. le reçut à sacommunion, le reconnut, lui écrivit;'& malgré ce huitième concile écuméni-que , qui avoit anathématifé ce patriar-che , le pape envoya ses légats à un au-tre concile à Constantinople , dans lequelPhotius fut reconnu innocent par quatrecens évêques, dont trois cens l’avoientauparavant condamné. Les légats de cemême siège de Rome', qui l’avoient ana-thématisé, servirent eux-mêmes à casserie huitième concile écume'nique.
Combien tout change chez les hommes!:combien ce qui étoit faux , devient vraiselon les temps ! les légats de Jean VIII.s écrient en plein concile :. fi quelqu’unne reconnoît pas Photius, que son par-tage soit avec Judas. Le concile .s’écrie ;longues années au patriarche Photius , &.au patriarche Jean.
Enfin à la fuite des actes du concile ,.on voit une lettre du pape a ce savantpatriarche, dans laquelle il lui dit; nouspensons comme vous; nous tenons pourtrangresseurs de la parole de Dieu , nousrangeons avec Judas ceux qui ont ajoutéau symbole, que le S. Esprit procede du;