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Tome trentième.
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que Y ardoise devenant plus dure & plusconsistante d mesure que la carrière prendplus de profondeur , il peut arriver qu’ontrouve de la bonne ardoise âpres les feuil-letis ; mais qu’il est: à présumer par la mê-me raison , que la carrière qui commencepar donner feulement des chats ira tou-jours en devenant plus dure, & n en feraque plus mauvaise.

D’une premiere foncée on passe autravail d’une seconde ; du travail d’une.seconde á celui d’une troisième , & ainside suite , formant toujours un banc àchaque foncée. Ces bancs formés par lesfoncées , ressemblent par leur figure &leur disposition de grands & longs degrésd’un escalier , par lequel on delcendroitdu haut de la carrière au fond , s’ils avoientmoins de hauteur. On continue les foncées& les bancs, julqu’à ce qu’on soit parve-nu à une bonne qualité d 'ardoise ; alorsles ouvriers prennent un instrument, cha-cun le choilitgros ou petit, selon fa for-ce , il est de fer , aigu par un bout, &quarté par l’autre : on l’appelle pointe.

A l’aidede cet instrument, on pratiqueun petit enfoncement fur la nife d’undes bancs, à 4 , í , 6 pouces plus ou moinsde son bord ; ce petit enfoncement pra-tiqué tout le long du banc s’appelle che-min , & l’opération faire le chemin. Onentend par la nife , la surface supérieured’un banc.

Quand le chemin est fait , on plantedans cette efpece de rainure une efpecede coin fourchu ; ce coin s’appelle fer : ily a deux sortes de sers , qui ne différentque par la grosseur : on appelle l’un fermoyen , & l’autre grand fer. Après qu’ona planté des fers moyens dans la rainure,selon toute fa longueur, à un pié ou en-viron de distance les uns des autres, lesouvriers tous rangés fur uneméníe ligne,& tous armés de masses, frappent tous enmême temps sor les fers: quoiqu’ils soienten grand nombre , on n’entend qu’un seulcoup ; par ce moyen les fers enfoncenttous également &' en même temps, lemorceau du banc s’ébranle également danstoute fa longueur , & sc sépare de la ro-che en des parties plus grandes ; c’est pré-piséipent comme s’il n’y avoit qu’un leul

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ouvrier , & que son coup tombât fur ungrand tranchant qui occuperoit toute lalongueur du chemin. Selon que la rocheest plus ou moins dure , & les foncéesplus ou moins profondes , on fe sert pourfaire le chemin de pointes plus ou moinsfortes ; & pour enfoncer les fers moyens,de masses plus ou moins pesantes.

Quand les fers moyens font enfoncés,on leur en fait succéder de plus gros,qu’on appelle grands fers : on enfonceceux-ci comme on a -enfoncé les précé-dents. Après les grands fers on emploie lesquilles, qui ne sont à proprement parler >que de plus grands fers encore, puifqu’ilsn’en différent que par le volume & l’ex-trémité qui n’est pas fourchue. Les ou-vriers font entrer les quilles comme lesautres fers ; ce sont elles qui séparent dubanc la piece d 'ardoise.

Quoique la chambrée soit bonne , il nefaut pas s’imaginer que la piece d 'ardoijefe sépare entiere & sans fraction ; il ferencontre des veines dans la carrière ;ces veines sont blanches ; on les appellechauves , quand leur direction verticalefuit celle du chemin , & firmes , quancj aucontraire cette direction est oblique &fait angle avec celle du chemin. II estévident que dans ce dernier cas la piecene peut manquer de sc fracasser. Les fin-nes gâtent l 'ardoise ; les chauves , dontles ouvriers ne manquent pas de profiter,hâtent & facilitent la séparation ; les feuil-letis ne leur coûtent guere à séparer , puif-qu’ils sont d 'ardoise trop tendre ; mais ilsnc fervent à rien. Quand les ouvriers fonttombés dans les feuilletis, ils ont perduleur temps , ils diíènt qu’iis ont fait uneenserrure , 011 qu’ils ont en erre' une piece,quand ils ont achevé l’opération que nousvenons de décrire.

Quand les q illes ont été conduites dansle rocher jufqu’à leur tête à coup de mas-ses , si l’on en est aux premieres foncées,& à coups de piés , si l’on en est aux der-nieres ; quand la piece est bien séparéede son banc , on ia jette dans fa dernierefoncée faite, soit avec des cables, soitd’une autre maniéré ; là on travaille à ladiviser : pour cet eftet on pratique dansson épaisseur une trace ou chemin avep