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Tome trentième.
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qu’Abélard. Il mourut, & l’abbé Sagerlui succéda. On essaya de concilier àAbélard Ja bienveillance de celui-ci ; maison ne put s’accorder fur les conditions &Abélard obtint du roi la permission devivre où il lui plairoit. Il sc retira dansune campagne déserte , entre Troye &Nogent. Là il sc bâtit un petit oratoirede chaume & de boue , fous lequel il eûttrouvé le bonheur , si la célébrité qui lesuivoit par-tout n’eût rassemblé autour delui une foule d’auditeurs , qui fe bâti-rent des cabanes à côté de la sienne ,& qui s’assujettirent à l’austérité de favie , pour jouir de fa société & de sesleçons. II vit dès la premiere année juf-qu’à six cens disciples. La théologie qu’ilprosesso.t e'toit un mélanged’aristotélisine,de subtilités, de distinctions ; il étoit fa-cile de ne le pas entendre & de lui fairedire tout ce qu’on vouloir. Saint Bernardqui fans peut-être s’en appercevoir , étoitíècrettemenf jaloux d’un homme qui at-tachoit fur lui trop de regards, embrassala haine des autres théologiens , sortit dela douceur naturelle de son caractère , &suscita tant de troubles à notre philosophe,qu’il fut tenté plusieurs fois de sortir del’Europe & d’aller chercher la paix aumilieu des ennemis du nom chrétien. L’in-vocation du Paraclet fous laquelle il avoirfondé une petite maison qui subsiste encoreaujourd’hui, fut le motif réel ou simuléde la persécution la plus violente qu’on aitjamais exercée. Abélard vécut long-remsau milieu des anxiétés. II ne voyoit pasdes ecclésiastiques s’assembler fans trem-bler pour fa liberté. On attenta plusieursfois à fa vie. La rage de ses ennemis leluivoit jufqu’aux autels, & chercha à luifaire boire la mort avec le sang de Jefus-Christ. On empoisonna les vases sacrésdont il fe servoit dans la célébration dessaints mystères. Héìoïfe ne jouilloit pasd’un fort plus doisx ; elle étoit poursuivie,tourmentée, châtiée d’un lieu dans unautre. On ne lui pardonnoit pas son atta-chement à Abélard. Ces deux êtres quisembloient destinés à faire leur bonheurmutuel , vivoient séparés & de la vie laplus malheureuse , lorsqu’Abélard appeîlaHéloïfe au Paraclet, lui consia la conduite

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de ce monastère & fe retira dans nn autre;d’ou il sortit peu de temps après , pourreprendre à Paris une école de théologie& de phifolophie ; mais les accusationsd impiété ne tarderent pas à se renouvel-ler. Saint Bernard ne garda pins de me-sure ; on dressa des catalogues d’hérésiesqu’on attribuoit à Abélard. Sa personneétoit moins en fureté que jamais , lorfqu’ilse détermina de porter fa cause à Rome.Saint Bernard l’accufoit de regarder l’Ef-prit-Saint comme Pâme du monde , d’en-íeigner que l’univers est un animal d’au-tant plus parfait que Pintelligence quiPanimoit étoit plus parfaite ; de christia-niser Platon , Ùc. Peut-être notre philo-sophe n’étoit-il pas fort éloigné de-là ; maisles erreurs ne justifient ni les imputationsni les violences de S. Bernard.

Abélard fit le voyage de Rome. On Pyavoir déjà condamné quand il arriva. II fi,tsaisi, mis en prison, fes livres brûlés , &réduit à ramper fous Bernard & accepterPobfcurité d’une abbaye de Cluny , où ilcessa de vivre & de souffrir. II mourut en1142.

Abélard forma plusieurs hommes denom , entre lesquels on compte Pierre leLombard. Celui-ci est plus célébré parmiles théologiens que parmi les philosophes.Il fit ses premieres étndes à Paris. II pro-testa la jl kola pique dans Pabbayede sainteGenevieve. II fat chargé de Péducationdes enfans de f rance. 11 écrivit le livreintitulé le maître des sentences. O11 pour-roit regarder cet ouvrage comme le pre-mier pas â une maniéré d’enfeigner beau-coup meilleure que celle de son temps ;cependant on y trouve encore des ques-tions très-ridicules , telle par exemple quecelle-ci : le Christ en tant qu homme est-il une personne ou quelque ckoje ? II mou-rut en 1164.

Robert Pulleyu parut dans le cours dudouzième siecle ; les troubles del’Angle-terre fa patrie le chassèrent: en France ,où il se lia d’amitié avec saint Bernard.Après un assez long séjour à Paris , il re-tourna à Oxford où il professa la théologie.

Sa réputation fe répandit au loin. Le papeInnocent II. Pappella à Rome , & Cé-lestin II. lui conféra le chapeau de cardi-