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méchanique & de la connoissance philoso-phique.
Les (écritures font les empreintes dejasageífe de Dieu : la sagesse de Dieu s e-tend à tout. 11 n’y a donc aucune con-noissance humaine qui ne puisse le rappor-ter aux Ecritures & a la Théologie. EtRajouterai aucun homme , quelque senséqu’il soit , qui ne rapporte tous les pointsde l'espace immense qui l’environne, aupetit clocher de son village.
Pierre &Espagne , mieux connu dansl’histoire ecclésiastique fous le nom deJean XXI. avoit été philosophe avant qued’être pape & théologien. Tritheme dit delui qu’il entendoit la médecine, & qu’ileût été mieux à côté du lit d’un maladeque sur la chaire de S. Pierre. Calomniede moine offense : il montra dans les huitmois de son pontificat qn’il n’étoit pointau-destous de fa dignité: il aima les scien-ces & les sa vans ; & tout homme lettré ,riche ou pauvre, noble ou roturier , trouvann accès facile auprès de lui. 11 finit so viefous les ruines d’un bâtiment qu’il faisoitélever à Viterbe. Il a laissé plusieurs ou-vrages où l’on voit qu’il étoit très-versédans la mauvaise philosophie de sontemps.
Roger Bacon fut un des génies les plussnrprenans que la nature ait produit, &un des hommes les plus malheureux. Lors-qu’un être naît à l’illustration , il semblequ’il naisse aussi aux supplices. Ceux que lanature signe , font également signés parelle pour les grandes choses & pour lapeine. Bacon s’appliqua d’abord à la gram-maire , à l’art oratoire & à la dialectique-II ne voulut rien ignorer de ce qu’on pou-voir savoir en mathématique. II sortit del’Angleterre sa patrie , & il vint en Franceentendre ceux qui s’y distinguoient dansles sciences. U étudia l’histoire , les lan-gues de l’Orient & de l’Occident, la Ju-risprudence & la Médecine. Ceux qui par-courront ses ouvrages le trouveront versédans toute la littérature ancienne & mo-derne , & familier avec les auteurs grecs,latins, hébreux, italiens, franqois, alle-mands , arabes. Il ne négligea pas la Théo-logie. De retour dans fa patrie , il pritl’habir de franciscain ; il ne perdit pas son
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temps à disputer ou à végéter ; il étudia I anature ; il rechercha ses secrets; il se livratout entier à l’Astronomie , â la Chimie ,à i’Optique , à la Statique ; il fit dans laPhysique expérimentale de si grands pro-grès , qu’on apperçoit chez lui les vestigesde plusieurs découvertes qui ne.se sontfaites que dans des ‘ siécles très-postérieursau lien ; mais rien ne montre mieux laforce de son esprit que celle de ses conjec-tures. L’art, dit-il, peut fournir aux hom-mes des moyens de naviger plus prompte-ment & fans le secours de leurs bras , ques’ils y en employoient des milliers. 11 y atelle construction de chars, à l’aide delaquelle on peut se passer d’animaux. Onpeut traverser les airs en volant à la ma-niéré des oiseaux. II n’y a point de poids ,quelqu’énormesqu’ils soient, qu’on n’éleveou n’alaisse. II y a des verres qui appro-cheront les objets, les éloigneront , lesagrandiront , diminueront ou multiplie-ront à volonté. II y en a qui réduiront encendres les corps les plus durs. Nous pou-vons composer avec le salpêtre & d’autressubstances un feu particulier. Les éclairs,le tonnerre , & tous ses effets, il les imi-tera: on détruira, si l’on veut , une villeentiere , avec une très-petite quantité dematière. Ce qu’il propose fur la correctiondu calendrier & fur la quadrature d u cer-cle , marque son savoir dans les deux scien-ces auxquelles ces objets appartiennent. IIfalloir qu’il possédât quelque méthode par-ticulière d’étudier les langues greque &hébraïque , à en juger parle peu de tempsqu’il demandoit d’un homme médiocre-ment intelligent pour le mettre en étatd’entendre tout ce que les auteurs grecs &hébreux ont écrit de théologie & de phi-losophie. Un homme aussi au-dessus de sescontemporains ne pouvoir manquer d’ex-citer leur jalousie. L’envie tourmente leshommes de génie dans les siécles éclairés ;la superstition & l’ignorance font causecommune avec elle dans les siécles barba-res. Bacon fut accusé de magie: cette ca-lomnie compromettoit son repos & faliberté. Pour obvier aux fuites fâcheusesqu’ellc pouvoir avoir, il fut obligé d’en-voyer à Rome ses machines, avec un ou-vrage apologétique. La saveur du pape ns