Band 
Tome trentième.
Seite
281
JPEG-Download
 

S C H

Bonaventure le Franciscain fut con-temporain , condisciple & rival de Tho-mas d’Aquin. U naquit en 1221, & fit pro-fession en 1243 ; la pureté de ses mœurs ,Técendue de ses connoissances philosophi-ques & thiologiques, la bonté de l'on ca-ractère , lui méritèrent les premieres digni-tés dans son ordre & dans l’éghse. 11 n’enjouit pas long-temps : il mourut en 1274,âgé de 53. ans. Sa philosophie fut moinsfutile & moins épineuie que dans ses pré-décesseurs. Voici quelques-uns de sesprincipes.

Tout ce qu’il y a de bon & de parfait,c’elt un don d’en-liaut, qui descend surl’homme du sein du pere des lumières.

II y a plusieurs distinctions à faire entreles émanations gratuites de cette sourcelibérale & lumineuse.

Quoique toute illumination se fasse inté-rieurement par la connoissance ; on peutl’appeller intérieure ou extérieure , sensitiveou méchamque , philosophique ou surna-turelle , de la raison on de la grâce.

La méchanique inventée pour suppléerà la foiblesfè des organes est servile ; elleest au-dessous du philosophe ; elle com-prend sart d’ourdir des étoffes, "agricul-ture , la chasse , la navigation , la méde-cine , l’art l’cénique, Ùc.

La sensitive qui nous conduit à la con-noissance des formes naturelles par les or-ganes corporels. II y a un esprit dans lesnerfs qui se multiplie & se diversifie enautant de sens que l’homme en a reçus.

La philosophique s’éleve aux vérités in-telligibles, aux causes des choses , à l’aidede la raison & des principes.

,.i" a vérité peut se considérer ou dans lesdiscours , ou dans les choses , ou dans lesactions & la Philosophie se diviser enrationnelle , naturelle & morale

La rationnelle s’occupe de l’un de cestrois objets, exprimer, enseigner ou mou-voir. La grammaire exprime , la logiqueenseigne, la rhétorique meut ; c'est laraison qui comprend, ou indique , ou per-suade.

Les raisons qui dirigent notre entende-ment dans ses fonctions font ou relatives àla matière , ou à l’esprit, ou à Dieu. Dansle premier cas, elles retiennent le nomTome XXX.

S C H 281

9 e formelles ; dans le second, on les ap-pelle intellectuelles ; au troisième , idéales.De-hì trois branches de philosophie natu-relle , physique, mathématique & méta-physique. .

La physique s’occupe de la génération& de la corruption , selon les forces de lanature & les Siemens des choies.

Les Mathématiques des abstractions ,selon les raisons intelligibles.

La Métaphysique de tous les êtres, en-tant que réductibles à un seul principe dontils sont émanés, selon des raisons idéales ,a Dieu qui en fut l’exemplaire & la source,& qui en est la fin.

La vertu a trois points de vue différens,la vie, la famille & la multitude j & lamorale est ou monastique , ou économi-que , ou politique.

La lumière de l’Ecriture nous éclaire furles vérités salutaires ; elle a pour objet lesconnoissances qui font au-dessus de laraison.

Quoiqu’elle soit une , cependant il y ale sens mystique & spirituel, selon lequelelle est allégorique , morale ou anago-gique.

On peut rappelles toute la doctrine del’Ecriture á la génération éternelle deJesus-Christ , à l’incarnation , aux mœurs,à l’union ou commerce de l’ame avecDieu ; de-lì les fonctions du docteur , duprédicateur & du contemplant.

Ces six illuminations ont une vespérieou soirée : il suit un septième jour de re-pos , qui n’a plus de vespérie ou de soirée ;c’est l’illumination glorieuse.

Toutes ces connoissances tirent leurorigine de la méme lumière ; elles se rap-pellent à la connoissance des Ecritures ,elles s’y résolvent, y sont contenues &consommées ; & c’est par ce moyenqu’elles conduisent à rillumination éter-nelle.

La connoissance sensible se rappelle à1 Ecriture , si nous paílons de la maniérédont elle atteint son objet, à la généra-tion dwine du verbe ; de l’exercice dessons, a la régularité des mœurs ; & des plai-sirs dont ils font la source , au commercede rame & de Dieu.

II ea est de même de la connoissanceN n