284 r s C H
Tordre des Dominicains joignit auílì l’é-tude du droit canonique à celle de \a scho-lastique.
La scholastique est moins une philosophieparticulière qu’une méthode d’argumenta-tien syllogyílique, seche & serree, souslaquelle on a réduit TArislotélisme fourre'de cent questions puériles.
La théologie scholastique n’est que lamême méthode appliquée aux objets de laThéologie , mais embarrassée de Péripa-técisme.
Fíien ne put garantir de cette peste laJurisprudence. A-peine sut-elle assujettieà la rigueur de la dialectique de Técole ,qu’on la vit infectée de questions ridicules& distinctions frivoles.
D’ailleurs on vouloir tout ramener auxprincipes vrais ou supposés d’Aristote.
Ricard Malumbra s’opposa inutilementà l’entrée de la scholastique dans Tétude dudroit civil & canonique : elle se fit.
Je n’ai rien àdïved’ Alexandre d’AIexan-drie , ni de D inus de Garbo, sinon que cefurent parmi les ergoteurs de leur tempsdeux hommes merveilleux.
Jean de Paris ou Quidort, imagina unemaniéré d’expliquer la présence réelle ducorps de Jesus-Christ au sacrement de Tan-tes II mourut en iqoq. à Rome où il avoitété appelle pour rendre compte de ses í’en-timens.
Jean de Naples, François de Mcyronis,'Jean Bajsolis furent sublimes fur Tunivo-e:té de Tétre, la forme, la quiddité, la qua-lité , & autres questions de la même im-portance.
Il falloit qu’un homme fût doué d’un esprit naturel bien excellent pour résister autorrent de la scholastique qui s’enfioit tousles jours, & se porter à de meilleures con-noissances. C’eítun éloge qu’on ne peutre-fuser ï Robert, surnommé le scrutateur ; ilse livra à Tétude des phénomènes de la na-ture ; mais ce ne fut pas impunément: onintenta contre luiTaccusation commune demagie. La condition d’un homme de sensétoit alors bien misérable ; il falloit qu’il secondamnât lui-même à n’être qu’un sot, ouá passer pour sorcier.
Arnauld de Fille-neuve naquit avant Tanìjoo, II laiíft h scholastique ; il étudia la
S c H
philosophie naturelle, la Médecine & îaChimie.II voyagea dans laFrance fa patrie,en Italie , en Espagne , en Allemagne ,en Asie & en Afrique. II apprit l’arabe ,I'hébreu , le grec ; l’ignorance stupide &jalouse ne Tépargna pas. C’est une chosebien singulière que la fureur avec laque!!*des hommes qui ne savoient rien , s’entê-toiçnt à croire que quiconque n’étoit pasauílì béte qu’eux J avoir fait pacte avec lediable. Les moines intéressés à perpétue*Tignorance, accréditoient fur-tout cessoupçons odieux. Arnauld de Ville-neuveles méprisa d’abord ; mais lorsqu’il vitPierre d’Apono entre les mains des inqui-siteurs , il se méfia de la considérationdont il jouisloit , & se retira dans la Si-cile. Ce fut-lâ qu’il se livra à ses longuesopérations que les chimistes les plus ardensn’ont pas le courage de répéter. On ditqu’il eut le secret de la pierre philosopha-le. Le temps qu’un homme instruit don-nera à la lecture de ses ouvrages ne ferapas tout-à-fait perdu.
On nomme parmi les scholastiques deTAlIemagne , Conrad d’IIalberlfad. Ilfaut le louer de s’être occupé de la morale,fi méprisée , fi négligée de ses contem-porains, mais bien davantage d’en avoirmoins cherché les vrais préceptes dansAristote, que dans la nature de Thomme.Le goût de futilité ne se porte pas fur unobjet seulement ; Conrad joignit à Té-tude de la Morale celle de la Physique. IIétoit de Tordre de S. Dominique. IIsatisfit à la curiosité des religieux enécrivant des corps célestes, deséíémens,ou simples, de quelques mixtes , ou desminéraux ou des végétaux, des animaux& de leurs organes , & de Thomme.
fìibrach remarqua la corruption de Té-glise dans son ouvrage de cavendo malo.
Eceard confondant les opinions d’Aris-tote avec les dogmes de Jesus-Christ ,ajoutant de nouveaux mots à ceux qu onavoit dé j a inventés, tomba dans desíentimens hétérodoxes que Jean XXII,proscrivit.
Nous terminerons la seconde époquepar Pierre de Dacia , & par AlphonseX. roi de Castille.
Pierre de Daee fat astronome & calcula»