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connoître assez leur- véritable mérite ; maisbientôt l’admiratíon le montra plus éclai-rée , & l’on sentit qu’on pouvoit transpor-ter dans les langues vulgaires les beautésdes anciens auteurs ; enfin on tacha de lesimiter, & de penser d’après foi. Alors onvit éclore , presque en même temps tousles chefs-d'œuvres du dernier siecle, enéloquence, en histoire, en poésie, dedansles disscrens genres de littérature.
Mais tandis que les arts& les belles—let-tres étoient en honneur, il s’on faìloicbeaucoup que la philosophie triomphât,tant la scholastique nuisoit à l’avancementde ses progrès. De plus, quelques théolo-giens puiíians craignirent , ou parurentcraindre les coups qu’une aveugle philo-sophie pouvoit porter au christianisme ,comme si une religion divine avoir à re-douter une attaque aussi foible. Ajoutonsqu’un tribunal odieux , établi dans le mididel’Europe, y forçoit les Muses au silen-ce. Heureusement que la raison bannie duLatium par des armes, impies, franchit sesanciennes bornes, & se réfugia dans desclimats plus tempérés : « c’est-là qu’elle»■ éclaira de beaux génies qui préparèrent» de loin, dans sombre du silence, la» lumière dont le monde devoir êtret> éclairé par degrés insensibles.
» L’immortel Bacon examina les diversobjets de toutes les sciences naturelles ,« & justifia la nécessité de la physiquen expérimentale , à laquelle on ne pensoit» point encore. Ennemi des systèmes, il» fut borner la philosophie à la science» des choses utiles, & recommanda par-», tout l’étude de la nature. Au célébrén chancelier d’Angleterre , succéda l’ij-» lustre Descartes, qui s’égara fans doute» en théorie , mais qui acquit une grande» gloire par l’application qu’il fit del’alge-n bre à la géométrie. Newton parut enfin, j» bannit de la physique les hypothèses» vagues , découvrit la force qui retientn les planètes dans leurs orbites , calculay> la cause de leurs mouvemens , dévoilala vraie théorie du monde ; & créateur„ d’nne optique toute nouvelle , ilfitcon-« noître la lumière aux hommes en la dé--, composant. Locke créa la métaphysiqueà-gçu-ptès comme Newton, avoir créé
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» la physique. II réduisit cette science à» ce qu’elle doit être en effet , la phy-» fique expérimentale de famé. Sesprin-« cipes aussi ^simples que des axiomes,» font les mêmes pour les philosophes &» pour le peuple ». Discours prélim. del’Encyclopédie.
Plusieurs autres savans ont infinimentcontribué par leurs travaux , au progrèsdes sciences , & ont pour ainsi dire levéun coin du voile qui nous cachoit la vérité»De ce nombre font Leibnitz , qui suivantl’opinion de i’Aliemagne , partage avecNewton l’invention du calcul différencie! ;" Galilée à qui la géographie doit tant de» choses utiles; Harvey que la découverte" de la circulation du sang rend immortel;» Hnyghens, qui par des ouvrages pleins« de force & de génie , a bien mérité de» la physique ; Pascal, auteur d’un mor-» ceau sur la cycloïde , qu’on doit re-» garder comme un prodige de sagacité,» d’un traité de l’équilibre des liqueurs &;» de la pesanteur de l’air , qui nous a» ouvert une science nouvelle ; Boyle , le» pere de la physique expérimentale ;n plusieurs autres enfin, parmi lesquels je
ne dois pas oublier Boerhaave , le ré-,, formateur de la médecine ». On faitaussi tout ce que le droit naturel, la mo-rale & la politique doivent â Grotius ,Puffendorf, Thomasius , &. autres écri-vains célébrés.
Voilà quel étoit l'état des sciences au'commencement de ce siecle. Portées ra-pidement du premier effort à leur faîte,elles ont dégénéré avec la même promp-titude , comme si elles étoient des plantesétrangères à la nature , qui doivent sé-cher sur pie , & disparaître dans le seinde l’oubli, tandis que les arts méchani-ques , enracinés pour ainsi dire dans les-besoins, de l’homme , ont un esprit devie qui les soutient contre les ravages dutemps. , „
Les sciences offrent aux yeux unc bel.eavenue , mais fort courte , & qui finit parun désert aride. Comme parmi nous leurmidi s’est trouvé fort prés de leur levantleur couchant n’est pas éloigné de leurmidi. On vit à Rome la même révolutionsoixante ans après le régné d’Auguste-*