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Tome trentième.
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ration du nombre des poísibles , il fautfaire attention tant aux choses qui coe-xistent ensemble dans cet univers, qu’àcelles qui s’y succèdent les unes aux au-tres. II faut de plus remarquer que l’uni-vers est composé de grands corps qu’onpeut appeller totaux, & de moindres quenous nommerons partiaux. Le nombre desgrands corps del’univers astez limite tantqu’on n’a pu les observer qu’à la simplevue , s’est prodigieusement augmenté de-puis l’invention des télescopes. M. Wolfa fait là-dessus un calcul fott propre àdonner l’idée de l’immensité des corpscélestes. Voici fur quoi rl le fonde. LeP. Riccioli donne à la constellation d’O-rion près de cinq cens degrés en quarréd’espace dans le ciel. (Jr Galilée a observécinq cens étoiles dans un espace de quatredegrés ; ainsi fur le même pie on pourrasupposer dans Orion entier 62500 étoiles.La circonférence du cercle est de 360degrés , & son diamètre de 1 1 5 : ce quidonne , suivant les théorèmes d’Achime-de, pour la surface entiere de la sphere ,414000 degrés en quarré. En prenant doncpour hypothèse que la surface de la spheredu monde est également remplied’étoíles,le nombre des fixes iroit à 5175000 ; &quoique l’arrangement des systèmes pla-nétaires autour des fixes ne soit pas lemême , on peut pourtant supposer quechaque étoile fixe placée comme soleil aucentre , peut éclairer & échauffer quinzeplanètes : ce qui fera monter le nombredes corps totaux du monde à 77615000.11 n’y a rien dans les suppositions précé-dentes qui ne soit admissible. Si au téles-cope divers espaces paroiííènt moins rem-plis que les quatre degrés d’Orion fur lest >quels on a calculé, il y en a d’autresoùces étoiles fourmillent en beaucoup plusgrande abondance, comme la voie lactéeles étoiles nébuleuses. Si du nombre desgrands corps du monde nous passons auxdimensions de l’efpace qu’ils doivent oc-cuper , la somme en fera bien plus pro-digieuse encore. Suivant les oblervationsde M- Castìni , la distance moyenne de}a terre au soleil est de zzooo demi-dia-metres terrestres, ou de 18920000 millesd’AUçmague. Cette distance étant à celle

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de Saturne comme 2 á 19, cela donne1 7974 0000 milles de plus à cause de laproportion du diamètre de la terre qui estde 1720 milles d’Allemagne au diamètrede l’anneau de Saturne, laquelle propor-tion est comme i à 4;. Le diamètre decet anneau est de 77400 milles d'Allema-I gne : ce qui donne , suivant les calculs deCastìni, pour distance du dernier satelliteau centre de Saturne , 812700 millesd’Allemagne. En ajoutant cette distanceà celle de Saturne au soleil, vous avezle demi-diametre du système planétaireauquel la terre appartient , lequel étantdoublé, il en résulte le diamètre entierde 36115400 milles. Cela iroit encorebeaucoup plus loin, si l’on reçoit la dé-termination de la parallaxe du soleil, tellequ’elle a été donnée par M. de iá Hire.Il est incontestable que Saturne est séparépar un fort grand espace des étoiles fixesde la premiere grandeur ; & quoique lessystèmes planétaires puissent différer en-tr'eux par rapport à l’étendue , il 11’y apourtant point d’inconvéniens à les suppo-ser égaux. En multipliant donc le cube dudiamètre du système planétaire , par lenombre des étoiles fixes ci-deffus indiqué,le nombre qui en provient , exprime lecube du diamètre de la sphere qui com-prend tous les systèmes que nous pouvonsdécouvrïr probablement par la voie destélescopes ordinaires. Mais pour diminuerles difficultés de cette multiplication , enresserrant les nombres , prenqns le dia-mètre du système planétaire en diamètresterrestres qui , suivant les hypothèsesprécédentes , seront 209904, leur cubequi fait 92483305005195264 multiplié par5175000, donne pour cube du diamètrequi égale toute l’étendue de la sphere ob-servable , 478601103401885491200000diamètres terrestres, dont chacun est de5088448000 milles cubiques. Quelle nedoit donc pas être l’étendue de l’intelfí-gence divine , qui comprend l’imivers for-mé de l’assemblage immense de tous cessystèmes ? Mais que scra-ce , si nous yjoignons l’idée de tous les mondes poíïì-bles , de toutes les combinaisons qui peu-vent résulter des choses qui entrent dans, la composition de l’univers & de tant