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Tome trentième.
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d’áuîres choses que la puissance divinepourroit effectuer ? Ici se présentent desabymes impénétrables pour nous, : icicessent tous les calculs. Que íi de Tordrephysique on passe à Tordre moral, & qu’onveuille examiner toutes les choses possiblesque Dieu voit clairement, le philosophe ,ainsi que le chrétien , n’est-il pas obligede s’écrier plein d’admiration & de respect :Domine , quis fimilis tibi ? ■

On est encore plus effraye si 1 on paneà la considération de ce qu’emporte lareprésentation distincte de tous les possi-bles dans Tentendement divin. Reprenonsencore pour un moment la voie ou calcul.On peut comparer Tétendue des entende-mens aux grandeurs des espaces, & suivantcette idée , un entendement qui saisiroitdistinctement toute notre terre , seroit àcelui qui comprendrait avec la mêmedistinction le système planétaire entier ,comme i à 9148350500519^64. Maisquelle fera la proportion de Tentende-ment humain à celui qui comprendroitdistinctement le globe terrestre ? Pour enjuger, prenons Tccil , le plus propre denos organes aux perceptions distinctes.Un bon œil qui n’est ni 'miope , ni pres-byte , voit distinctement ce qùi est com-pris dans Tespate de huit pouces. L’optiqueenseigne que ce que Tœil saisit d’un seulcoup, est compris dans la circonférenced’un angle droit , & que le diamètre d’unobjet vu fous cet angle droit, est doublede la distance. En égalant donc la forcevisuelle à la force perceptive , on aurapour mesure de Tétendue de Tentende-ment humain , le cube d’un diamètre deseize pouces , c’est-à-dire , 4096 poucescubiques Le diamètre de la terre mesurépar M. Gaíhm , a été trouvé de 39591077piés ou 47169 914 pouces. Ainsi le dia-mètre de la sphere qui mesure !a capa-cité de Tentendement , sera comme r à29543 ,08 , & par conséquent Tentende-ment humain est à celui qui saisit distinc-tement la terre entiers d’un coup d’œil ,comme 1 à 257856074311206674112..L’entendement de ce dernier à celui quicomprend tout le système, est en raisonsous- millionième : donc & pour derniereconclusion, Tentendement humain est par

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rapport à celui qui comprend tout lefy sterneplanétaire^

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Nous ne pousserons pas plus loin ces obser-vations. Ce ne sont laque les bords de l’in-telligence divine ; qui pourroit en sonderla profondeur ? Cet article ejì tire despapiers de M. Formey , hyfioriographejecrétaire de P académie royale de Prusse,

La science de vision est celle par la-quelle Dieu voit tout ce qui a existé ,existe ou existera dans les temps : ce quiemporte la connoissance de toutes les pen-sées & de toutes les actions des hommes,présentes , passées & à venir , aussi bienque du cours de la nature, & des mou-vemens qui sont arrivés , qui arrivent ouqui arriveront dans Tunivers : tout celaconnu dans la derniere précision ; & tou-jours présent aux yeux de Dieu..On peutjuger par ce qu’on vient de lire sur lascience de simple intelligence , de ce quec’est que Tentendement humain le pluséclairé fur le présent & le palsé ; car pourTavenir il est impénétrable à ses yeux , &Dieu seul s’en est réservé la connoissancequ’il communique aux hommes , quand illui plaît.

On demande dans les écoles si cettescience de vision est la cause des chosesqui arrivent, & quelques théologiens tien-nent pour l’assirmative; mais ils confondentla science de Dieu avec fa volonté. Leplus grand nombre reconnoît que la sciencedivine est seulement cause directive, maisnon pas efficiente, des choses qui arriventou qui doivent arriver , parce que selonl’axiome reçu , les choses ne sont pas fu-tures , parce que Dieu les prévois, maisDieu les prévoir parce qu’elles sont fu-tures.

Mais comme les choses futures font ousutures absolument, ou futures condition-nellement , & qu’enrre ces dernieres il enest qui arriveront certainement , parceque la. condition dont elles dépendentfera posée, & d’autres qui n’ârriverontpas, parce que la condition dont elles dé-pendent , ne fera pas posée : quelques théo-logiens ont distingué en Dieu une troi-iieme efpece de science qu’ils nomment latscience des conditionnels, scientia eondi •»tionatonm.