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çre ; d’a litres le simple papier brûlé , quiest la m aniere la plus facile.
On fe défend aisément de cette trompe-rie , parce qu’on ne peut donner au vernismoderne ni la couleur , ni l’eclat , ni lepolis du vernis antique qui dépend de laterre. D’ailletirs on n’a pas la patience delaisser une médaille en terre assez long-temps pour qu’elle puisse y prendre cettebelle rouille qu’on estime plus que le plusriche métal. II faudrait être assuré d’unelongue vie , & pouvoir compter fur unprince aussi dupe que Tétoit le pape PaulIII. pour tenter ce qui réussit à un fourbeitalien. II fit frapper fur le plomb un bustede S. Pierre , avec ces mots , PetrusApojlolu s Jesu- Chrijii : au revers deux clésen pa} , Tibi dabo claves regni cœlorum.II enfouit cette piece fort avant en terre ,& l’y laissa quelques années : ensuite fai-sant creuser dans cet endroit comme parbazard , on y trouva cette médaille qu’ildécrassa soigneusement, & , qu’i! mon-trait à tout le monde comme un monu-ment de la piété des premiers chrétiens.Le bruit s’en répandit bientôt à Rome :le pape voulut avoir cette médaille , il lademanda au possesseur , & la lui payamille écus. Enfin le vernis moderne esttendre , & íe pique aisément, au lieu quel’antique est dur comme le métal même.
La neuvicme supercherie a pour fonde-ment un accident qui arrive quelquefoisaux médailles qu’on frappe, ce qui a faitdire aux Antiquaires que toute médaille ,dont les bords ont éclaté r est infailli-blement frappée. Pour profiter de cettepréoccupation , ceux qui font de faustèsmédailles , tâchent de les faire éclaterlorsqu’ils les frappent effectivement, oumême de les fendre tout exprès quand ellesfont assez bien moulées.
On n’en fera pas la dupe si l’on examineces fentes avec un peu de foin ; car quandelles ne íont point assez profondes, 011 quek coupure n’en est pas franche , on qu’el-tes ne finissent pas par certains filamenspresque imperceptibles ; c’est une preuveque cela n’est point arrivé par 1 effort ducoin , mais par artifice.
Enfin le moyen général de fe précau-tbaner contre toutes les fourberies des.
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brocanteurs, c’est de s’appliquer à la con-,noissance de l’antique qui comprend lemétal, la gravure des coins & !e poinçon-nement des caractères ; c’est ainfi qu’onacquiert ces yeux , que Cicéron appelleoculos eraditos. Mais exiger d’un hommede lettres qu’il s’attache à démêler la diffé-rence de l’antique & du moderne , qu’ildescende jusqu’au détail de la gravure &de la fabrique des médailles , n’est-ce pointle réduire [à la condition d’un simple ar-tiste ? n’est-ce paint même lui imposerune obligation qu’il sera hors d’état deremplir , puisque le goût qu’il doit avoirpour la lecture , ne peut s’accorder avecla dissipation inséparable de la vie d’unhomme qui s’occuperoit à visiter les ca -binets.
Nous conviendrions de la force de cetteobjection , si la connaissance du matérielde la médaille demandoit une occupationlongue & sérieuse , ou , si l'on ne suppc-soit pas un goût né pour les médailles ,dans celui qui veut acquérir cette connoii-sance. En effet, sans ce goût, ce feraitfaire trop peu de cas de son temps que dele consacrer à de tels foins. Mais il s’agitici d’un curieux, en qui l’amour des let-tres augmente le penchant naturel gu’ílfe sent pour déchiffrer ces précieux restesde l’a itiq.iité. II s’agit d’un curieux qui fepropose sans cesse d’étudier le sens , l’ef-prit des médailles , & pour y parvenir dèconsacrer ses veilles à la lecture des ou-vrages , dans lesquels il peut puiser deslumières. Nous allons donc lui en indiquerles principaux.
Livres fur les médailles. Je suppose qn’ilfait auffi-bien que moi qu’on ne fera ja-mais de progrès dans l’art numismatiquesans la connoissance des langues savantes ,de l’histoire grecque & romaine , de lagéographie ancienne & moderne , de ìachronologie & de la mythologie. Si ce-pendant je parlois à un jeune homme quin’eût pas étudié préalablement toutes cessciences, je lui conseillerais de commen-cer â les apprendre par les tables chrono-logiques du P. Péta u , les parallèles géo-graphiques du P- Rriet , la mythologiede i’abbé Panier , ou autres semblables.
Le livre du P, Pétau est connu fous k.