Band 
Tome trentième.
Seite
323
JPEG-Download
 

SCI

av€C attention les coins du Padouan, onpourroit les distinguer infailliblement descoins antiques. On fait, x ar exemple , quefur le revers de Tîbere gravé par le Pa-douau, ces mots placés dans i’exergue ,Rom. ET Aug. font ponctués de façonque le T fe trouve entre deux points,RomeT. Aug. austi n’est-il pas possible des’y méprendre , quand la médaille est bienconservée : l’embarras n’a lieu que lorsqueJa ponctuation ne fe voit pas.

La cinquième fraude, est de battre furl’antique même , c’est-à-dire de fe servirde coins modernes , pour reformer devieilles médailles avec le marteau., a unde leur donner enluite une nouvelle em-

preinte.

Quoique cette tromperie soit difficile àdécouvrir , fur-tout par un curieux quicommence , parce qu’il n’a aucune desindications communes ; cependant s’il veutbien prendre garde au relief, il le trou-vera pour l’ordinaire ou trop fort, outrop fòible , Ja coupure trop nette &trop neuve , & les bords trop peu con-servés , à proportion du champ & desfigures.

Le iixieme stratagème consiste à effacerun revers commun pour y en mettre unplus rare, ce qui augmente considérable-ment le prix de la médaille. Par exemple,on met une Otacile au revers de Phi-lippe ; un Tite au revers de Vespasien ;c’est ainsi que l’on a gâté un Helvius-Per-tinax de grand bronze , en lui mettant aurevers un Milon crotoniate chargé de sonbœuf,- un Domitien , en y mettant uneallocution do huit soldats ; & un mé-ai on de Dece , en lui gravant une ìns-

fiïïciter ' DtCUma Cœ farum , Decennalia

On fait plus; car afin que rien ne pa-roisse réparé . on coupe deux médailles& pms avec un certain mastic on colle àla tête de l’une le revers de l’autre, pourfaire des médailles uniques & qui n’aientjamais été vues ; on a même l’adresse de. réparer fi bien les bords , que les moinsfins y font ordinairement trompés. Le PRobert dit avoir vu un Domitien de grandbronze d’une conservation merveilleuse ,flont on avoir enlevé le revers pour inférer

SCI 525

à la place le bel emphithéâtre qu’on avoiraussi enlevé par dessous le grenetis à unemédaille de Titus. Morel , dans son Spé-cimen R. Nummar. tom..... p. 77 , rap-porte un exemple d’une falsification ù-peu-près pareille.

On connoît ces faux revers ou par ladifférence qui fe trouve immanquable-ment dans les traits d’une tête antique, &d’un revers moderne quelque bien tra-vaillé qu’il puistè être ; ou lorsque le re-vers est antique & simplement appliqué ,on le découvre en fondant les bords de lamédaille , qui ne font jamais fi parfaite-ment unis que l’on ne s’apperçoive de quel-que chose , & que les deux marques ne dé-couvrent la jointure ou la différencedu métal. Tel étoit un Vérus , à qui l’onavoit attaché une Lucille, pour en faireune médaille rare, fans avoir considéréque le Vérus étoit de cuivre rouge, &Lucille d s cuivre jaune.

La septième imposture fe fait dans leslégendes, soit du côté de la tête , soit ducôté du revers. II est plus ordinaire de letenter du côté de la tête par l’intérêt qu’ona de trouver des têtes rares, ce qui man-que communément dans les fuites. Or,cela s’exccute en substituant avec adresteun nom à l’autre , fur-tout quand il y apeu de lettres à changer ou à ajouter.C’est ainsi que , dans le cabinet du P. Jo-bert, il y avoit une Lucille changée enDomitia de grand bronze , & Ain jeuneGordien d’Afrique , moyennant l’additiond’un peu de barbe ; & le changement deslettres P. F en A F R. C’est encore ainsique dans le cabinet de M. l’abbé de Rothe-lin , il y avoit une C'œlonia d’or , qui n’é-toit autre chose qu’une Agrippine , mersde Caligula.

La huitième finesse trompeuse est decontrefaire le vernis antique , ce qui sertà empêcher qu’on ne reconnoistè les mé-dailles. moulées & à cacher les défautsdes bords 6c des caractères , comme nous1 avons de j a dit. II y en a même qui met-tent les médailles en terre , afin de leurfaire contracter , si ce n’eít le vernis, dumoins une certaine rouille qui impose auxconnoiíleurs moins habiles : d’autres em-ploient le sel armoniac mêlé avec le vinai-

S s z