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EXPOSITION
CHAPITRE XI Y.
De la libration de la lune.
Il nous reste enfin à expliquer la cause de libration de la lune, etdu mouvement des noeuds de son équateur. La lune, en vertu deson mouvement de rotation, est un peu applatie à ses pôles; maisl’attraction de la terre a dû alonger son axe dirigé vers cette pla-nète. Si la lune étoit homogène et fluide, elle prendrait pour êtreen équilibre, la forme d’un ellipsoïde dont le plus petit axe passe-rait par les pôles de rotation ; le plus grand axe serait dirigé vers laterre, et dans Je plan de l’équateur lunaire; et l’axe moyen situédans le même plan, serait perpendiculaire aux deux autres. L’excèsdu plus petit sur le plus grand axe, serait quadruple de l’excès del’axe moyen sur le petit axe, et environ 77777, le petit axe étant prispour unité.
On conçoit aisément que si le grand axe de la lune s’écarte unpeu de la direction du rayon vecteur qui joint son centre à celui dela terre, l’attraction terrestre tend à le ramener sur ce rayon ; demême que la pesanteur ramène un pendule, vers la verticale. Si lemouvement de rotation de ce satellite eût été primitivement assezrapide pour vaincre cette tendance; la durée de sa rotation n’auroitpas été parfaitement égale à la durée de sa révolution, et leur diffé-rence nous eût découvert successivement tous les points de sa sur-face. Mais dans l’origine, les mouvemens angulaires de rotation etde révolution de la lune ayant été peu différens ; la force aveclaquelle le grand axe delà lune s’éloignoit de son rayon vecteur,n’a pas suffi pour surmonter la tendance du même axe vers cerayon, due à la pesanteur terrestre qui de cette manière, a renduces mouvemens rigoureusement égaux; et de même qu’un penduleécarté par une très-petite force, de la verticale, y revient sans cesse,