DU SYSTÈME DU MONDE. 273
en faisant de chaque côté, de petites oscillations; ainsi, le grandaxe du sphéroïde lunaire doit osciller de chaque côté du rayonvecteur moyen de son orbite. De-là résulte un mouvement delibration dont l’étendue dépend de la différence primitive des deuxmouvemens angulaires de rotation et de révolution de la lune.Cette libration est très-petite ; puisque les observations ne l’ontpoint fait reconnoître.
On voit donc que la théorie de la pesanteur explique d’unemanière satisfaisante, l’égalité rigoureuse des deux moyens mou-vemens angulaires de rotation et de révolution de la luue. Il seroitcontre toute vraisemblance, de supposer qu’à l’origine, ces deuxmouvemens ont été parfaitement égaux ; mais pour l’explicationde ce phénomène, il suffit que leur différence primitive ait été très-petite ; et alors, l’attraction de la terre a établi la parfaite égalitéque l’on observe.
Le moyen mouvement de la lune étant assujéti à de grandes iné-galités séculaires qui s’élèvent à plusieurs circonférences ; il estclair que, si son moyen mouvement de rotation étoit parfaitementuniforme, ce satellite, en vertu de ces inégalités, découvriroit suc-cessivement à la terre, tous les points de sa surface; son disqueapparent changeroit par des nuances insensibles, à mesure que cesinégalités se développeroient; les memes observateurs le verraienttoujours à très-peu près le même, et il ne paraîtrait sensiblementdifïérer, qu’à des observateurs séparés par l’intervalle de plusieurssiècles. Mais la cause qui a établi une parfaite égalité entre lesmoyens mouvemens de rotation et de révolution de la lune, ôtepour jamais aux habitans de la terre, l’espoir de découvrir lesparties de sa surface, opposées à l’hémisphère qu’elle nous pré-sente. L’attraction terrestre, en ramenant sans cesse vers nous, legrand axe de la lune, fait participer son mouvement de rotationaux inégalités séculaires de son mouvement de révolution, etdirige constamment le même hémisphère vers la terre. La mêmethéorie doit être étendue à tous les satellites dans lesquels on aobservé l’égalité des mouvemens de rotation, et de révolutionautour de leur planète.
Le phénomène singulier de la coïncidence des noeuds de l’équateur