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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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*8o EXPOSITION

île la lune avec ceux de son orbite, est encore une suite de lattrac-tion terrestre. Cest ce que Lagrange a fait voir le premier, par unetrès-belle analyse qui la conduit à une explication complète detous les mouvemens observés dans le sphéroïde lunaire. Les plansde léquateur et de lorbite de la lune, et le plan mené par son centreparallèlement à lécliptique, ont toujours à fort peu près la mêmeintersection; les mouvemens séculaires de lécliptique naltèrentni la coïncidence des nœuds de ces trois plans, ni leur inclinaisonmoyenne que lattraction de la terre maintient constamment lamême.

Observons ici que les phénomènes précédens ne peuvent passubsister avec lhypothèse dans laquelle la lune primitivementfluide et formée de couches de densités quelconques, auroit pris laligure qui convient à leur équilibre : ils indiquent entre les axes dusphéroïde lunaire, de plus grandes différences que celles qui ontlieu dans cette hypothèse. Les hautes montagnes que lon observeà la surface de la lune, ont sans doute, sur ces phénomènes, uneinfluence très-sensible et dautant plus grande, que son applatisse-ment est fort petit, et sa masse peu considérable.

Quand la nature assujétit les moyens mouvemens célestes, à desconditions déterminées, ils sont toujours accompagnés doscillationsdont létendue est arbitraire : ainsi, légalité des moyens rnouve-niens de rotation et de révolution de la lune donne naissance à unelibration réelle de ce satellite. Pareillement, la coïncidence desnœuds moyens de léquateur et de lorbite lunaire, est accompagnéedune libration des nœuds de cet équateur, autour de ceux delorbite ; libratidn très-petite, puisquelle a échappé jusquici auxobservations. On a vu que la libration réelle du grand axe de la 1 uneest insensible , et nous avons observé dans le chapitre vi, que lalibration des trois premiers satellites de Jupiter est pareillementinsensible. Il est très-remarquable que ces librations dont létendueest arbitraire et pourvoit être considérable, soient cependant fortpetites; ce que lon peut attribuer aux mêmes causes qui, danslorigine, ont établi les conditions dont elles dépendent. Mais rela-tivement aux arbitraires qui tiennent au mouvement initial dorotation des corps célestes, il est naturel de penser que sans les

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