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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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ufcG EXPOSITION

vitesse. Le calcul ma fait voir quil en résulte une accélération clansles moyens mouvemens des planètes autour du soleil, et des satel-lites autour de leurs planètes. Javois imaginé ce moyen dexpliquerléquation séculaire de la lune , lorsque je croyois avec tous lesgéomètres, quelle éioit inexplicable dans les hypothèses admisessur laction de la pesanteur. Je trouvois que si elle provenoit decette cause, il falloit supposer à la lune, pour la soustraire entiè-rement à sa pesanteur vers la terre, une vitesse vers le centre decette planète, au moins six millions de fois plus grande que cellede la lumière. La vraie cause de léquation séculaire de la lune,étant aujourdhui, bien connue; nous sommes certains que lacti-vité de la pesanteur est beaucoup plus grande encore. Cette forceagit donc avec une vitesse que nous pouvons considérer commeinfinie ; et nous devons en conclure que lattraction du soleil secommunique dans un instant presque indivisible, aux extrémitésdu système solaire.

Existe-C-il entre les corps célestes , dautres forces que leurattraction mutuelle ? nous lignorons ; mais nous pouvons du moinsaffirmer que leur elïet est insensible. Nous pouvons assurer égale-ment, que tous ces corps néprouvent quune résistance jusquàprésent insensible, de la part des fluides quils traversent, tels quela lumière, les queues des comètes et la lumière zodiacale.

La force attractive disparoît entre les corps dune grandeur peuconsidérable : elle reparoît dans leurs élémens, sous une infinité deformes différentes. La solidité des corps, leur cristallisation, lainfraction de la lumière, lélévation et labaissement des fluidesdans les tubes capillaires , et généralement toutes les combinaisonschimiques , sont les résultats de forces attractives dont la connois-sance est un des principaux objets de la physique. Ces forces sont-elles la gravitation même observée dans les espaces célestes , etmodifiée sur la terre, par la figure des molécules intégrantes ? Pouradmettre cette hypothèse, il faut supposer plus de vide que deplein, dans les corps, en sorte que la densité de leurs molécules soitbeaucoup plus grande que la densité moyenne de leur ensemble,L T ne molécule sphérique dun rayon égal un millionième demètre, devroit avoir une densité plus de six mille milliards de