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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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287
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DU SYSTÈME DU MONDE. 287fois plus grande que la moyenne densité de la terre, pour exercerà sa surface, une attraction égale à la pesanteur terrestre} or lesforces attractives des corps surpassent considérablement cette pe-santeur , puisquelles infléchissent visiblement la lumière dont ladirection nest point changée sensiblement par lattraction delà terre;la densité de ces molécules surpasseroit donc incomparablementcelle des corps, si leurs affinités dépendoient de la loide la pesanteuruniverselle. Le rapport des intervalles qui séparent ces molécules,à leurs dimensions respectives, seroit du même ordre, que relative-ment aux étoiles qui forment une nébuleuse que lon pourroit, sousce point de vue, considéi'er comme un grand corps lumineux. Aureste, rien nempêche dadopter cette manière denvisager tous lescorps : plusieurs phénomènes, et entrautres, lexti'ême facilitéavec laquelle la lumière traverse dans tous les sens, les corps dia-phanes, lui sont favorables. Les affinités dépendroient alors de laforme des molécules intégrantes, et lon pourroit, par la variétéde ces formes, expliquer toutes les variétés des forces attractives ,et ramener ainsi à une seule loi générale, tous les phénomènes dela physique et de lastronomie. Mais limpossibilité de connoître lesfigures des molécules , rend ces recherches inutiles à lavancementdes sciences. Quelques géomètres, pour rendre raison des affinités,ont ajouté à la loi de lattraction réciproque au quarré des distances,de nouveaux termes qui ne sont sensibles quà des distances très-petites ; mais ces termes sont lexpression dautant de forces diffé-rentes ; en se compliquant dailleurs, avec la figure des molécules ,ils ne font que compliquer lexplication des phénomènes. Au milieude ces incertitudes, le parti le plus sage est de sattacher à déter-miner par de nombreuses expériences, les loix des affinités; et poury parvenir, le moyen qui paroît le plus simple, est de comparerces forces, à la force répulsive de la chaleur, que lon peut com-parer elle-même à la pesanteur. Quelques expériences déjà faitespar ce moyen, donnent lieu despérer quun jour, ces loix serontparfaitement connues : alors, en y appliquant le calcul, on pourraélever la physique des corps terrestres, au degré deperfection, que ladécouverte de la pesanteur universelle adonné à la physique céleste.