DU SYSTÈME DU MONDE. 2^mais l’attachement scrupuleux des Chinois à leurs anciens usages,en s’étendant aux méthodes mêmes de l’Astromomie, l’a retenueparmi eux, dans l’enfance.
Les tables indiennes indiquent une astronomie plus perfection-née; mais tout porte à croire qu’elles ne sont pas d’une haute anti-quité. Ici, je m’éloigne à regret de l’opinion d’un savant illustrequi, après avoir honoré sa carrière, par des travaux utiles auxsciences et à l’humanité, mourut victime de la plus sanguinairetyrannie, opposant le calme et la dignité du juste, aux fureurs d’unpeuple abusé qui sous ses yeux même, se fit un plaisir barbare d’ap-prêter son supplice. Les tables indiennes ont deux époques princi-pales qui remontent, l’une à l’année 3 io 2 avant l’ère chrétienne,l’autre à i 4 gi : ces époques sont liées par les moyens mouvemensdu soleil, de la lune, et des planètes, de sorte que l’une d’elles estnécessairement fictive. L’auteur célèbre dont je viens de parler, acherché à établir dans son traité de l’Astronomie indienne, que lapremière de ces époques est fondée sur l’observation. Malgré sespreuves exposées avec l’intérêt qu’il a su répandre sur les choses lesplus abstraites ; je regarde comme très-vraisemblable, que cetteépoque a été imaginée, pour donner une commune origine dans lezodiaque, aux mouvemens des corps célestes. En effet, si, partantde l’époque de 1491, on remonte au moyen des tables indiennes,àl’an 3 io 2 avantl’ère chrétienne ; on trouve la conjonction généraledu soleil, de la lune et des planètes, que ces tables supposent : maiscette conjonction trop différente du résultat de nos meilleures tables,pour avoir eu lieu, nous montre que l’époque à laquelle elle serapporte, n’est point appuyée sur les observations. A la vérité,quelques élémens de l’astronomie indienne semblent indiquer qu’ilsont été déterminés même avant cette première époque ; ainsi,l’équation du centre du soleil, qu’elle fixe à 2°,4i73, n’a pû être decette grandeur, que vers l’an 43 oo avant l’ère chrétienne. Maisindépendamment des erreurs dont les déterminations des Indiensont été susceptibles, on doit observer qu’ils n’ont considéré lesinégalités du soleil et de la lune, que relativement aux éclipses danslesquelles l’équation annuelle de la lune s’ajoute à l’équation ducentre du soleil, et l’augmente d’environ 22' 3 ce qui est à-peu-près