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la différence de nos déterminations , à celle des Indiens. Plusieursélémens tels que les équations du centre de Jupiter et de Mars, sontsi différens dans les tables indiennes, de ce qu’ils dévoient être àleur première époque; que l’on ne peut rien conclure des autresélémens , en faveur de leur antiquité. L’ensemble de ces tables , etsur-tout l’impossibilité de la conjonction qu’elles supposent à lamême époque, prouvent au contraire, qu’elles ont été construites,ou du moins rectifiées dans des temps modernes ; ce que confirmentles moyens mouvemens qu’elles assignent à la lune, par rapport àson périgée, à ses nœuds et au soleil, et qui plus rapides que suivantPtolémée, indiquent évidemment que la formation de ces tables estpostérieure au temps de cet astronome; car on a vu que ces troismouvemens s’accélèrent de siècle en siècle, Cependant, l’antiqueréputation des Indiens ne permet pas de douter qu’ils ont dans tousles temps, cultivé l’astronomie : lorsque les Grecs et les Arabescommencèrent à se livrer aux sciences ; ils allèrent en puiser chezeux, les premiers élémens. C’est de l’Inde, que nous vient l’ingé-nieuse méthode d’exprimer tous les nombres, avec dix chiffres.E’idée de n’employer pour cet objet, qu’un nombre limité de carac-tères , en leur donnant à-la-fois, une valeur absolue , et une valeurde position, n’a point échappé au génie d’Archimède; mais il nel’a pas réduite à ce degré de simplicité, qui met notre systèmed’arithmétique, au premier rang des inventions utiles.
Les Grecs n’ont commencé à cultiver l’astronomie, que long-temps après les Egyptiens dpnt ils ont été les disciples. 11 est diffi-cile , au travers des fables qui remplissent les premiers siècles deleur histoire, de démêler leurs connoissances astronomiques : ilparoît seulement qu’ils avoient partagé le ciel en constellations,treize ou quatorze cents ans avant l’ère chrétienne ; car c’est à cetteépoque, que la sphère d’Eudoxe doit être rapportée. Leurs nom-breuses écoles de philosophie n’offrent aucun observateur , avantla fondation de celle d’Alexandrie : ils y traitèrent l’astronomie,comme une science purement spéculative, en se livrant à des con-jectures le plus souvent frivoles. 11 est singulier qu’à la vue de cettefoule de systèmes qui se combattoient sans rien apprendre , laréflexion très-simple, que le seul moyen de connoître la nature,