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qu’on n’y emploit que la fleur de la farine ,& qu’on le fait avec soin , est rrès-blane ,assez bien levé , d’un goût assez agréable ,bien meilleur que le petit painde seigle à deuxliards , qti’on vend dans les rues de Paris.
Les gens aisés de la campagne , & mêmeles bons bourgois des petites villes, man-gent un pareil pain dans quelques pro-vinces du royaume , comme en Cham-pagne , en Anjou , dans la Sologne , leRouergue , 6>c- les paysans en font dansces mêmes pays & dans beaucoup d’autres,un pain grossier , c’est-à-dire, dans lequelils emploient une partie du son , & quiest ordinairement mal levé , dont lacroûte est brûlée & la mie mal cuite &gluante. II n’y a que les hommes très-vigourctìx , que les organes robustes despaysans , dura mejforum ilia , qui puissent«'accommoder d’un pareil aliment ; il estlourd St indigeste pour tout estomacaccoutumé à une nourriture plus légere.
Le bon pain de seigle passe pour rafrai-chistknt & légèrement laxatif ; cet alimententre très-communément dans la diete quese prescrivent à eux-mêmes p’usieurs per-sonnes qui se prétendent échauffées , ouqui ont assez appris de théorie médicinalecourante pour se croire les humeurs acres,la bile exaltée , &c. on mêle aussi queUquefois dans la même vue, de la farine de sei-gle avec celle de froment pour en préparerle pain , dont on fait son usage ordinaire.
La farine de seigle s’emploie assez com-munément avec les quatre farines résoluti-ves ou en leur place.
Le seigle ergoté se trouvant mêlé enune certaine quantité parmi le bon graindont on fait du pain,produit chez les person-nes qui mangent ce pain , une maladie gan-greneuse des pi us funestes, qui a cela de par-ticulier qu’eiíe attaque pricipalement lesextrémités inférieures ; que la gangrené feborne qu fe fixe d’une maniéré assez cons-tante , & que la terminaison par la sépara-tion spontanée du membre affecté, est sortcommune.
Cette terrible maladie est endémiquedans la Bologne , où le paysan qui est crès-pauvre,^eii réduit à cette nourriture em-
L>àvnee.
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Outre les ouvrages fur les maladies cau-sées par l’ergot, qui font indiqués à l’ar-tkle ERGOT, on trouve dans le secondvolume des mémoires présentés â l’aca-démie royale des Sciences, par des savansétrangers, un mémoire de M. Salerne,médecin d’Orléans, fur les maladies quecause le seigle ergoté. Le traitement em-ployé contre cette espece de gangrené ,n’a rien de particulier. On n’a tenté jus-qu’à présent que les secours généraux , lesremedes communs de la gangrené. Foye[Gaegrene.
SEIGLE ergoté ( Botan . ) c’est U Vt seigledégénéré de fa nature, fie qui est très-nuihble à la santé : on en a parié fort aulong au mot Ergot , d’après le systèmede M. du sillet. Voy. donc le mot Ergot.
Suivant M. Aimen, l’ergot du seigleest la même maladie que le charbon dufroment. Si ces deux maladies diffèrentl’une de l'autre , ce n’est qu’à cause de ladifférence qui se trouve dans l'organifa-tion de ces deux grains. Voici l’idée queM, Aimen donne de l’ergot du seigle.
i °. Les grains ergotés, plus gros & pluslongs que les autres grains sains, sortentordinairement de la balle , se montrantquelquefois droits, & quequefois plus oumoins courbés.
z°. A l’extérieur ils font bruns ou noirs ;leur surface est raboteuse, & souvent ony apperçoit trois filions qui fe prolongentd’un bout à l’autre ; enfin , ['extrémitéextérieure des grains est constamment plus-grosse que celle qui tient à la paille ; cobouc plus renflé est quelquefois fendu ei*deux ou trois parties : il n’est point rared’appercevoir à leur surface des cavités,qui paroissent creusées par d&s insectes.
3°. Quand on rompt l’ergot, on apper-çoit dans I’axe une farine assez blanche yqui est recouverte d’une autre farine rousseou brune.; cette farine viciée s’écrase en-tre les doigts. M. Aimen l’a que’qufoistrouvée prefqu’aussi noire que la poussièredu blé charbónné.
4 °. Ces grains étant mis dans l’eau »surnagent d’abord, & ils tombent ensuiteLu i on d, si ci; les mâche, i! laissent fur