2 9 8
EXPOSITION
CHAPITRE IL
D eV'Astronomie depuis la fondation de l r école d r Alexandrie,
jusqu*aux Arabes,
J usqu’ici, l’astronomie pratique des différens peuples, ne nousa présenté que des observations grossières, relatives aux phéno-mènes des saisons et des éclipses, objets de leurs besoins ou de leursfrayeurs. Quelques périodes fondées sur de très-longs intervallesde temps, et d’heureuses conjectures sur la constitution de l’uni-vers , mêlées à beaucoup d’erreurs, formoient toute leur astronomiethéorique. Nous voyons pour la première fois , dans l’écoled’Alexandrie, un système combiné d’observations faites avec desinstrumens propres à mesurer les angles, et calculées par lesméthodes trigonomé triques. L’astronomie prit alors, une formenouvelle que les siècles suivans n’ont fait que perfectionner. Laposition des étoiles fut déterminée : on suivit avec soin, les planètes :les inégalités du soleil et de la lune furent mieux connues : enfin,l’école d’Alexandrie donna naissance au premier système astrono-mique qui ait embrassé l’ensemble des mouvemens célestes; système,à la vérité, bien inférieur à celui de l’école de Pythagore ; mais quifondé sur la comparaison des observations, olfroit dans cette com-paraison même, le moyen de le détruire, et de s’élever au vraisystème de la nature.
Après la mort d’Alexandre, ses principaux capitaines se divisè-rent son empire, et Ptolémée Soter eut l’Egypte en partage. Sonamour pour les sciences, et ses bienfaits attirèrent à Alexandriecapitale de ses états, un grand nombre de savans de la Grèce. Héri-tier de son trône et de ses goûts, son fils Ptolémée Philadelphe lesy fixa par une protection particulière. Un vaste édifice dans lequelils étoient logés, renfermoit un observatoire, et cette bibliothèque