dans cette partie des eûtes d’O. N. O. de 1l’amirauté de Quimper est toujours fortélevée quelque calme qu’il puisie faire , à \cause des courans formés par la proximitédes iiles voisines; lorsque ceux qui pêchentde cette maniéré voient venir la houle quine manqueroit pas de les couvrir , ils s e-lancent au dessus en s appuyant fur la per-che , dont le pié est un peu enfoncé dansle fable, ce qu’ils font avec d’autant plus dsfacilité que le volume de Peau les aide à s’é-lever, ainsi ils évitent la vague qui ameneà la côte des mulets & d’autres efpeces ;quand les pêcheurs présument qu’il y a dupoisson dans le filet, dont les mailles fontde vingt & dix-huit lignes en quarté, ils ferapprochent l’un de l’autr.e , & enveloppentce qui est dedans ; & après savoir retiré ,ils continuent la même manoeuvre tant quela marée la leur permet,en reculant toujoursdu côté de la côte à mesure qu’elle monte,& ils ne finissent la pêche que quand lahauteur de l’eau les oblige de la cesser.
Le temps le plus commode pour fairecette petite pêche est depuis le mois de mai ;jusqu’au commencement de septembre :comme ce filet ne traîne point, 6c qu’ilreste sédentaire sur le fond, cette maniéréde pêcher ne peut causer aucun préjudice ,d’ailleurs on n’y peut prendre de gros pois-sons avec des mailles aussi ouvertes; nousPavons nommée/W/ze dormante, à cause deson opération ; les pêcheurs ne la peuventtraîner , ils ne font qu’exposer leurs rets àla mer.
Une autre forte de seine s’appelle seinetraversante. En voici la manœuvre.
Quand les Pêcheurs veulent fe servir dece filet pour faire la pêche , ils se mettentordinairement quatre bateaux ensemblepour en faire la manœuvre , la chaloupe quipêche, c’est-à-dire, qui porte le filet, a cinqhommes d’équipage pour tendre ; qua-tre hommes nagent , de maniéré que lecinquième tend la seine, la place en demi-cercle ; un des bouts est amarré à l’arrieredu bateau , Lc pour le relever , deux despêcheurs fe mettent à Pavant ; le bateautournant suivant rétablissement du filet, Ôcp ou t empêcher le poiíïbn qui se trouvedans Penceinte d’en forcir ou de fauter au
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dessus des flottes de liège qui la tiennentà fleur d’eau , deux des trois autres bateauxentrent dans Penceinte & battent Peauavec leurs avirons ; ils s’en servent aussi pourlever le filet par les flottes, le troilimebateau fe met en-dehors 6c fait aussi lamême manœuvre.
Ces filets ont leurs pieces chacun detrente brasses de long 6c de rrois de chiite ;les pêcheurs s’en servent également à lamer , comme aux embouchures des riviè-res ; ils se mettent ordinairement cinq pê-cheurs ensemble , fournissent chacun unepiece de filet, ce qui fait environ eent.cin-quante brasses de longueur, lesquelles mon-tées & jointes ensemble ne donnent au plusque foixante-díx à quatre-vingt brasses dé-tendue, à cause du sac & du ventre qu’il fautque forme ce filet pour y arrêter le pois-son plat 6c le poisson rond.
Cette pêche se fait en tout temps, & horsla saison de la sardine, le temps le plus favo-rable est celui des chaleurs de. Pété , par-ce qu’elles font lever Io poisson de deíluslesfonds ; quelques-uns, commeles vieillards 6cles jeunes gens qui ne font point la pêche dela sardine, font celle-ci en tout temps.
Ces mêmes filets placés sédentaires furles fonds , fervent austi à faire la pêche desmulets 6c du poisson blanc , pour-lors ilsdoivent être regardés comme des efpecesd’haussieres de basse Normandie , 6c descibaudieres 6c petits rieux des pêcheursnormands 6c picards.
Seine ou Senne caplaniere , termede pêche , usité par les pécheurs du ressortde l’amirauté de S. Malo , & qui désigneune forte de filet, avec lequel ils font lapêche des petits poissons propres à servird’appât pour la pêche de la morue séden-taire aux côtes de sserre- neuve-
On reproche encore aux pêcheurs terre-neuviers de se servir, au retour de leurvoyage, des seines caplanieres , qui leurfont nécessaires pour prendre les caplans ,harengs , sardines , maquereaux , 6c autressortes de poissons qui fervent a faire laboîte de la pêche le long des côtes deTecre-neuve, où fl y a toujours, suivantla force des équipages , quelques chaloupesqui font destinées á pêcher l’appât, 6c que