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Tome trentième.
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6q.6 SEL

dire, la plus grande partie de l’eau qui luiercit unie, elle ne s’éleve cependant pasfans entraîner un peu d’acide ; on en jugepar Podeur d’ail qui fe répand dès le com-mencement de Pévaporatíon ; à mesuretiu’elle avance, la liqueur se trouble, prendun coup d’ocil laiteux, une consistance pâ-teuse ; on observe par intervalle de petitesdécrépitations lumineuses au fond du vais-seau , elles subsistent même quelque tempsaprès que l'on ! a rétire du feu. En mettantaiors la matière dans un creuser sur lescharbons ardens, elle bouillonne considéra-blement , la vapeur qui en fort verdit laflamme, el.e finit par se convertir en unverre blanc demi-transparent qui adhéré for-tement au creuset, & qui est très-peu solu-ble dans Peau.

On a publié , il y a quelques années, unetable de rapports, où Pon a donné à l’a-cide phosphorique le premier rang dans Por-dre de puissance de tous les acides, à rai-son de sa plus grande pesanteur spécifique ;mais ce n’est pas là cette pesanteur des mo-lécules élémentaires modifiée par leur figu-re , que nous recnnnoiílons corn nie causeimmédiate des affinités ; si la puissance dis-solvante d’un fluide déper.doit de sa den-sité , le mercure devroit donc décomposertous les sels ; enfin nous verrons que Pacidevitriolique a réellement plus d’affinité avecles a'ssalis, les terres absorbantes & mêmele phlogistique , que Pacide phosphorique ;íì ce dernier décompose le nitre & le tar-tre vitriolé , ce n’est jamais que par la voieseche , c'est-à-dire quand la volatilisation acommencé la désunion des principes , laChimie en fournit nombre d’exemples ,nous en avons indiqué un bien sensible enparlant de Paction de Pacide sédatif sur lesa'kalis , ( tom. 2. page 358. )

Les Chimistes ont cru long-temps d’a-près Sthaal , que Pacide phosphorique étoitcelui du sel marin modifié par sa combi-naison avec le phlogistique ; ils se fon-daient principalement sur ce que surine ,t nt j° n ret * re so phosphore , contientabondamment l’une & Pautre de ces-subs-tances , 6t que lorsqu’on jette du sel marinfur les charbons ardens, on voit onduler âleur surface une flamme vive bleuâtre j peudifférente de celle du phosphore.

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Les expériences du célébré Margraffontdétruit cette hypothèse : il a essayé par toutesorte de moyens la combinaison dc Pacidemarin & du phlogistique ; il a employé íuc-ceffivement les sels marins à base alcaline,a base terreuse , les métaux cornés \j! h‘ uCa présenté le phlogistique sous la formed’huPe, de charbon , dans des mixtes vé-gétaux ou animaux ; il leur a associé la terrevitrescible , qu'il jugeoit devoir par sonunion constituer la modification propre àPacide phosphorique ; toutes ces tentativesont été infructueuses. II a reco.mîi an con-traire que Pacide du sol fusible étoit le vé-ritable acide du phosphore > qn’on le pfo-duisoit abondamment en traitant avec défimatières charbonneuses ce sel séparé dePextrait d’urine par cristal isation, & quesurine épuisée de cette efpece de sel essen-tiel ne donnoit presque plus de phosphoresd’ou il saut conclure que Pacide du phos-phore a des caractères qui le distinguentde tous les antres , avant que de passer àPétat de souffre par son union avec le feufixe.

Certe conséquence n’empêche pas ce-pendant que Pon ne puisse regar der cet aci-de comme étant formé , ainsi que tous le*autres, d’un principe salin universel ; cetteopinion a été combattue par un auteusmoderne , sur le fondement que l'on n’a-voit encore décomposé aucune de ces subs-tances : mais il nous paroít exiger de cesdisciples une fois bien plus étendue , lors-qu’il éleve Pacide phosphorique à la dignité• d’élément, & qu’il place dans fa filiationla lumière, Pair, le diamant , la craie >le vitriol, la soude & une infinité d’autrescorps, fans avoir retiré d’aucnn de ce*mixtes Pacide phosphorique proprementdit. Pour nous , suivant nos principes jnous lui conserverons seulement la qualitéd’élément chimique , tant que nous n’au-rons pas de connoissances plus certainesfur fa composition , & nous nous applique'rons à déterminer par les faits ses propriété*& ses affinités.

La découverte de M. Scheeh va nou*mettre à portée de multiplier les expérien-ces sor cette matière ; ce qui en a été p J 1 'blic dans le Journal physique du mois defévrier 1777 , nous a servi de guide pour