3o8 EXPOSITION
des étoiles, dans ce catalogue, disparoît quand on le rapporte autemps d’Hipparque. Mais l’explication que nous venons de donnerde cette erreur, justifie Ptolémée, du reproche qu’on lui a fait, des’être attribué l’ouvrage d’Hipparque; et il paroît juste de l’en croire,lorsqu’il dit positivement qu’il a observé les étoiles de son catalogue,celles même de la sixième grandeur. Il remarque en même temps,qu’il a retrouvé à très-peu près les mêmes positions des étoiles,qu’Hipparque avoit déterminées par rapport à l’écliptique; en sorteque les différences de ces positions, dans les deux catalogues,dévoient être peu considérables. Ainsi, les observations de Ptolé-mée sur les étoiles, et la véritable valeur qu’il a assignée à l’évec-tion, déposent en faveur de son exactitude, comme observateur.A la vérité , les trois équinoxes qu’il a observés, sont fautifs; maisil paroît que trop prévenu pour les tables solaires d’Hipparque, ilfit coïncider avec elles, ses observations des équinoxes , alors très-délicates , et dont le seul dérangement de son armille, suffit pourexpliquer les erreurs.
L’édifice astronomique élevé par Ptolémée, a subsisté pendantprès de quatorze siècles ; aujourd’hui même, qu’il est entièrementdétruit, son almageste considéré comme le dépôt des anciennesobservations , est un des plus précieux monumens de l’antiquité.
Ptolémée n’a pas rendu moins de services à la géographie, enrassemblant toutes les déterminations de longitude et de latitude,des lieux connus ; et en jetant les fondemens de la méthode desprojections, pour la construction des cartes géographiques. Il a faitun traité d’optique, dont on voit une ti'aduction latine manuscrite,à la bibliothèque nationale, et dans lequel il a exposé avec étendue,le phénomène des réfractions astronomiques : il a encore écrit diverstraités sur la chronologie, la musique , la gnomonique et la méca-nique. Tant de travaux sur un si grand nombre d’objets, supposentun esprit vaste, et lui assurent un rang distingué dans l’histoiredes sciences. Quand son système astronomique eut fait place à celuide la nature ; on se vengea sur son auteur, du despotisme aveclequel il avoit régné trop long-temps : on accusa Ptolémée, des’être approprié les découvertes de ses prédécesseurs. Mais de sontemps, les ouvrages d’Hipparque et des astronomes d’Alexandrie,