Band 
Tome trentième.
Seite
690
JPEG-Download
 

V-Z ( S E M

dent du Nil, sur le bord duquel elle estbâtie. Tous les vaisseaux qui vont au Caire,sont obligés de payer ici quelques droits.

(D. J.)

SEMER , ENSEMENCER , (Sy nom-mes. ) Semer a rapport au grain ; c’est leblé qu’on terne dans le champ. Ensemencera rapport à la terre , c’eíl lô champ qu’onensemence de blé. Le premier de ces motsa une signification^ plus étendue & plusvaste; on s’en sert à l’égard de toutes sor-tes de grains ou de graines > & dans toutessortes de terrains. Lc second a un sens plusparticulier & plus restreint ; on ne s’ensert qu à l’égard des grandes pieces de terrepréparées par le labourage ; ainsi l’on ternedans ses terres & dans ses jardins, mais l’onn’ensemence que ses terres & non sesjardins.

Ensemencer n’est jamais employé quedans le sens propre & littéral ; mais semerau figuré est très-beau.

L’âge viril ne produit point des fruitsde science à de sagesse , si les principesn’en ont été semés dans le temps de la jeu-nesse. On se fait un art de te retirer dumonde , quand sage commence à refroidirles passions., & à semer des rides fur leyisage.

La poésie se sert ausii de cc terme avecnoblesse ; témoin ces deux vers énergiques& sententieux de Corneille :

Et comme il n a sente qu épouvante &qu horreur ,

II n’en recueille auffi que trouble St queterreur.

{D. L)

SEMER , V. act. ( Econom. rufliq. ) c’estmettre la semence en terre , afin qu’elle ygerme & s’y multiplie. Pour bien fairecette opération , il y a trois conditions àremplir : jeter fur la terre la quantité de se-mence qui convient j la distribuer égale-ment , & la recouvrir à une certaine pro-fondeur.

Les différentes graines doivent êtresemées en plus ou moins grande quantité ,en proportion de ce qu’elles taîlent natu-rellement plus ou moins : en raison de laqualité dc ia terre, dedes préparations qui ont

SE M

précédé la semai lie. Q atre boisseaux â’c&ge , mesure de Paris . suffisent pour ense-mencer un arpent à ;o piés pour perche»lorsque la terre est bonne & bien préparée.II en faut jusqu’á huit dans ure terre mai-gre , oi-i qui n’a pas été cultivée avec lemême foin. On peut dire qu’en général leslaboureurs surchargent la terre d’une grandequantité de semence. Mais aussi les re-proches qu’on leur fait à cet égard fontsouvent outrés ; les expériences faites enpetit , fur lesquelles on les appuie, neconcluent rien pour les semailles íâites engrand , & presque tous les moyens qu’on aconseillés pour épargner la semence sontpuériles. On fait , depuis long-temps,que quelques grains semés & soignés dansun jardin se multiplient à un point qui pa-rok prodigieux. 11 est sûr que , même engrand , les grains semés un peu clairs, ac-quièrent plus de vigueur , parce qu’ils ontplus d’air & de nourriture. Lorsqu’ils ontété semés trop dru , la paille en est foi-ble , sujette à.verser ; les épis sont courts& mal nourris. Mais si la crainte de cesinconvéniens porte à trop épargner la se-mence , les grains sont bientôt surmontéspar une quantité si excessive de mauvaisesherbes qui croissent dans les vides, qu’onne peut pas espérer de les détruire entiè-rement. On rend aussi la récolte nulle pourlui sauver quelques accidens. Voilà donsdeux excès â éviter ; & Tagriculture, aussi-bien que la morale, ramene au juste mi-lieu. II est d’usage en plusieurs endroit*de semer un septier de blé, mesure d*Paris, dans un arpent â 20 piés pour per-che. Il est certain que dans la plupart de*terres à blé, lorfqu’elles ont été bien labou-rées & bien engraissées , huit boisseau*de semence suffisent. On a même essay®avec succès d’en semer encore un peumoins. Mais ces vues d’épargne sor la se'mence , doivent être soumises à l’expé'rience des laboureurs intelligens , avantd’être appliquées aux différens lieux. Il y 3des terres qui, selon leur expression, man-gent leur semence , & qui en demandentplus que les autres.

La seconde condition à laquelle il fa tlî:faire attention en semant, c’est à l’égaledistribution de la semence. II est aisé d’ 3 !?'