DU SYSTÈME DU MONDE. 3nlui sont contraires. Ainsi périt ce trésor immense de l’érudition etdu génie. Bientôt, le repentir et les regrets suivirent cette exécutionbarbare ; et les Arabes ne tardèrent pas à sentir que par cette perteirréparable, ils s’étoient privés du fruit le plus précieux de leursconquêtes.
Vers le milieu du huitième siècle, le calife Almansor encouragead’une manière spéciale, l’astronomie; mais parmi les princes Arabesque distingua leur amour pour les sciences, l’histoire cite princi-palement Almamoun, de la famille des Abassides , et fils du fameuxAaron Reseliid, si célèbre dans l’Asie. Ahnamoun régnoit à Bagdad,en 8i4 ; vainqueur de l’empereur grec, Michel ni, il imposa pourune des conditions delà paix, qu’on lui fourniroit les meilleurslivres de la Grèce; l’Almageste fut de ce nombre ; il le fit traduireen arabe, et répandit ainsi, les connoissances astronomiques quiavoient illustré l’école d’Alexandrie. Non content d’encourager lessavans, par ses bienfaits, il fut lui-même observateur : il déterminal’obliquité de l’écliptique, et fit mesurer un degré de la terre, dansune vaste plaine de la Mésopotamie.
Les encouragemens donnés à l’astronomie, par ce prince et sessuccesseurs, produisirent un grand nombre d’astronomes recom-mandables , parmi lesquels Albatenius occupe une des premièresplaces. On lui doit une observation de l’obliquité de l’écliptique,qui corrigée de la réfraction et de laparallaxe, donne 26°,2182 pourcette obliquité, vers l’an 880. Toutes les observations arabes don-nent à-peu-près le même résultat d’où l’on tire une diminutionséculaire d’environ i5g".
Albatenius trouva le mouvement annuel des équinoxes, égal à168",3 , et la durée de l’année tropique égale à 365'-,24o56. Le pre-mier de ces élémens est en excès de i4" ; le second est trop foiblede plus d’une minute et demie ; mais ces erreurs dépendent unique-ment des observations de Ptolémée, auxquelles Albatenius comparases observations : il auroit beaucoup plus approché de la vérité, enemployant celles d’Hipparque.
Ce grand astronome perfectionna la théorie du soleil ; il réduisità o,o5465, la distance du centre de la terre, à celui de son orbesupposé circulaire et d’un rayon égal à l’unité ; ce qui donne