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Tome trentième.
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7ic, S E N

SENACULE , f. m. ( Antìq. rom. ) sé-nat lum ; lieu où se tenoic le sénat de Rome.II y avoir trois senacules , ou trois endroitsoù ce corps illustre s’asfembloit ; l’un entrele capitole & le forum , un autre à la porteCapène, & le troisième prés du temple deBellone dans le cirque Flaminien. L’empe-reur HJIiogabale fit bitir un lieu pour 1 as-semblée des dames, & ce lieu fut appeléJenaculum matronarum. ( D. J. ).

SÉN AGE , í. m. ( Impôt d; France. ) droitqui se paie en quelques lieux de Bretagne ,particulièrement à Nantes fur le poisson demer frais venant de la mer , entrant & pas-sant le trépas de S. Nazaire, à commencerdepuis le premier jour de carême jusqu’à lavigile de Parmes. ( D. J.)

A. N. SÉNAT DE LACEDEMONE ,( Fiji. ancien. ) Le gouvernement de Lacé-démone fut partagé entre cinq dist.'rentespmílànces : des deux ( i ) rois perpétuelsqui avoient une égale autorité, d’un sénatcomposé de vingt-huit sénateurs électifs ,de cinq magistrats annuels, fous le nom ( 2 )d’Ephores , & de l'assemblée ( 3 ) des ci-toyens.Un gouvernement ainfi (^divisé dé-générois en une véritable anarchie. D u Itemps de Lycurgne , le nombre des habi-tants de Sparte montoit à neuf mille, &cc-lui des citoyens demeurans à la campagneà trente mille. Plutarqne dit que le sénatde Lacédémone étoit comme lin contre-poids qui maintenois s équilibre de fêtât, &qui lui donnoit uneaílìette ferme Sc assurée,les vingts-huic sénateurs ( ^ ) qui le compo-jsoient, se rangeant du côté des rois , quand I

SEN

le peuple devenoit trop puissant, & forti-fiant au contraire le parti du peuple , quandles rois pouísoicnt trop loin l’autorisé. Onpeut dire de ce raisonnement de Plutarque ,que ce sont là de belles spéculations, &•qu’en s upposant ces ving-huit sénateurs par-faits & exemts de toutes passions, cet éta-blissement devoir produire un merveilleuxesse t. Lycurgne ayant ainfi tempéré le gou-vernement , ceux qui vinrent après lui nslaissèrent pas de trouver que la puissance destrente , qui composoient le sénat , en ycomprenant les deux rois, avoir encore be-soin d’érre modérée : c’est pourquoi, commedit Platon , ils lui donnèrent un frein ; enlui opposant sautorité des Ephores, environcent trente ans après Lycurgne. Ils étoientau nombre de cinq , Sc ne demeuroient encharge qu’un an. Théopompe , qui est re-gardé comme l’instituteur de cette magif'trature , répondit au reproche de fa femmede cequ’il diminuoit sautorité royale , ques ’//laijsoit à ses fuccejseims sautorité moinssalue , il la leur laisserait plus ferme & p^ sstable.

Le discours d’Archidame l’un des deuxrois de Sparte, fur la guerre du Peloponne'íe , & le peu d’égard que les Lacédenro-niens eurent pour ses conseils, montreurcombien le crédit de ces rois étoit foibleborné dans les délibérations publiques. Lc§Ephores pouvoient condamner à l’amende >& faire emprisonner les rois , qui pouvoienrmême être comdamnés à mort. Le tribunscompétent pour faire le procès à un des roi 1de Sparte étoit composé de sautre roi,

(1) Ces rois étoient istus de deux branches de la maison des Hérnclides , ou descendais

d’Hercule : il en régnoit deux cn mème-temps , un de chaque branche , donc Tune s’appct 0 ' 1 3 4d es Eurysthenides ou Agides ; I nutre des Eurypontides , nommee p!us anciennement ^ t ' S 'Prodides. La premiere, comme l’aînée , avoir quelque prérogative d’honneur. Herodot. Erato-G) Epbore est un mot grec qui signifie inspecteur ou contrôleur,

(3) Les suffrages de l’affemblée des Citoyens se donnoient à Lacédémone par acclamation-Thucyd. 1 iv. 1. L'avis du sénat étoit porté à une assemblée qui le ratisioit ou le rejetois. Plûtes*"',

Mais depuis la création des ephores » rassemblée des citoyens euc peu d’auton 1 -Paristoc rt aUX a! ^ a ‘ res ’ à le gouvernement fut royal & aristocratique , penchant davantage

( 4 ) Aristote ne compte , dans l’état de Lacédémone , que trois puissances différentes.

Itb- n.. ae republ, c . 9. IVIais il y en avoir cinq réellement distinctes. Chacun des rois avoir UNautorité séparée , perpétuelle , & qu'il ne tenoit que de se naissance ; & ces deux autorité' *■jointes .1 celles du sénat, des éphores & du peuple , en composoient cinq effectives : au h equ’Arístore ne compte celle des deux rois que pour une , & qu’il ne compte point celleéphores, qui l’emponott fur toutes les autres.

(3) Çes sénateurs dévoient être âgés au moins de soixante ans,