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mais de hautes montagnes ». Voyt £ IDIO-TISME & Superlatif.
» Dans le nouveau Testament même ily a plusieurs pastàges qui ne sauroient êtreentendus, fans la connoissancc des idiotis-mes, c’est-à-dire, des façons de parler desauteurs originaux. Le mot hébreu qui ré-pond au mot latin verbum , se prend ordi-nairement en hébreu pour choje signifiéepar la parolec’est le mot générique quirépond à negoûum ou res des Latins. Tran-jeamus ufque Bethleem , & videamus hocVerbuM quoij'aBum est, Zuc ij. 15. Pasionsjusqu’à Bethléem, & voyons ce qui y estarrivé. Ainsi forfqu’au troisième verset,d u chapitre 8 du Deutéronome , il est dit{Deus) dédit tibì cibuni manna quod ignorabastu & pâtres tuì , ut ojienderet tibi quod nonin solo pane vivat homo , scd in omni verbo quodegreditur de ore Dei. Vous voyez que/fl omniverbo signifie in omni re, c’est-à-dire, de toutce que Dieu iit y ou veut qui serve de nourriture,C’est dans ce même sens que Jesus-Christ acité ce passage : le démon lui proposoit dechanger les pierres en painjil n’estpas néces-saire de faire ce changement, répond Jesus-Christ , car f homme ne vit pas feulement depain , il fe nourrit encore de tout ce qui plaîtà Dieu de lui donner pour nourriture , de toutce que Dieu dit qui servira de nourriture. Mat.iv , 4. Voilà le sens littéral ; celui qu’ondonne communément à ces paroles , n’estqu’un_/ê/jj moral».
A. l. Divijton du SENS spirituel. » Le sensspirituel est aussi de plusieurs sortes. 1. LeSENS moral. 1. Le sens allégorique. 3. LeSENS anagogique..
I. SENS moral. » Le sens moral est uneinterprétation selon laquelle on tire quel-que instruction pour les mœurs. On tireun sens moral des histoires , des fables, &c.II n’y a rien de si profane dont on nepuisse tirer des moralités , ni rien de sisérieux qu’on ne puisse tourner en bur-lesque.. Telle est la liaison que les idéesont les unes avec les autres : le moindrerapport réveille une idée de moralité dansun homme dont le goût est tourné ducôté de la morale; Lc au contraire celuidont l’imagination aime le burlesque ,trouve du burlesque par tout.
„ Thomas Walleis, jacobin Angloii, fie
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imprimer vers la fin du XV siecle , à 1’usagedes prédicateurs, une explication moraledes métamorphoses d'Ovide. Nons avons leVirgile travesti de Scaron, Ovide n’avoicpoint pensé à la morale que Walleis luiprête, & Virgile n’a jamais eu les idéesburlesques que Scaron a trouvées dans sonEnéide. íl n’en est pas de même des fablesmorales ; leurs auteurs mêmes nous en décou-vrent les moralités ; elles font tirées du textecomme une conséquence est tirée de sonprincipe.
2. Sens allégorique. » Le sens allégoriquese tire d’tin discours, qui, à le prendre dansíonsens propre, signifie toute autre chose :c’est une histoire qui est l’image d’une autrehistoire, ou de quelqu'autte pensée. Foye%ALLEGORIE.
« L'esprit humain a bien de la peine àdemeurer indéterminé sur les causes dont ilvoit ou dont il relient les effets ; ainsi lors-qu’il ne connoîtpas les causes, il en imagine& le voilà satisfait. Les payens imaginèrentd’abord des causes frivoles de la plupart deseffets naturels : Tamour fut Teffet d’unedivi-nité particulière : Prométhée vola le feu duciel : Cérès inventa le blé, Bacchus le vin >&c. Les recherches exactes font trop péni-bles , & ne font pas à la portée de tout lsmonde. Quoi qu’il en soit , le vulgairesuperstitieux , dit le pere Sanadon , poésies| d’Hor. tome I, pag. £04,}ut la dupe des vision’naires qui inventèrent toutes ces fables*
> » Dans la fuite, quand les payens com-mencèrent à se policer & à faire des ré-flexions fur ces histoires fabuleuses, il so'trouva parmi eux des mystiques, qui enenveloppèrent les absurdités sous le voiledes allégories & des sens figurés, auxque’sles premiers auteurs fie ces fables n’avoientjamais pensé.
» II y a des pieces allégoriques en proso& en vers : les auteurs de ces ouvrages osttprétendu qu’on leur donnât un jens allégo-rique; mais dans les histoires, & dans je*autres ouvrages dans lesquels il neparorfpas que l’auteur ait songé à T allégorie, il e vinutile d’y en chercher. II faut que les hist° J "res dont on tire ensuite les allégories»aient été composées dans la vue de TaHe-gorie ; autrement les explications allège 1 ' 1 "’qu es qu’on. leur donne ne prouvent tien >