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mairien, paroit d’abord être le terme del’action de charmer & de dejarmer , auíììbien que le dieu de la guerre : cependantquand on continue à lire, on voit aisémentque le dieu du tonnerre est le nominatif oule sujet de selaijse enflammer». ,
Voici un autre exemple cite par Vauge-las , Rem. îig.» Germauicus , ( en parlantd'Alexandre J a égaléJa vertu, à son bonheurn'a jamais eu de garetl .... On appelle cela,dit il une construction louche, parce qu’ellesemble regarder d’un côté, & elle regardede I’autre». On voitquece puriste célébréfait tomber en effet la qualification delouche sur la construction plutôt que sur lesens de phrase, conformément à ce que j'airemarqué. “Je sais bien, ajoute-t-il, enparlant de ce vice d’élocution , & j’adoptevolontiers fa remarque; » je fais bien qu’ily aura assez de gens qui nommeront ceci unscrupule & non pas une faute , parce quela lecture de toute la période fait entendrele sens , & ne permet d’en douter ; maistoujours ils ne peuvent pas nier que lelecteur & l’auditeur n’y soient trompésd’abord , & quoiqu’ils ne le soient paslong-temps, il est certain qu’ils ne font pasbien aises de lavoir été, & que naturelle-ment on n’aime pas à se méprendre: enfinc'est une imperfection qu’il faut éviter ,ponr petite qu’elle soit, s’ii est vrai qu’ilfaille toujours faire les choses de la façonla plus parfaite qu’il se peut, sur-toutlorsqu’en matière de langage il s’agit de laclarté de l’cxpression».
Le sens louche naît donc de l’incertitudede la relation grammaticale de quelqu’undes mots qui composent la phrase. Maisque faut-il entendre par un sens équivoque,& quelle en est l’origine? Car ces deuxexpressions ne font pas identiques, quoiqueM. du Mariais semble les avoir confondues(/°c. ci t. ) Le sens équivoque me paroit venirfur-tout de l’indétermination essentielle àcertains mots, lorsqu’ils sont employés demaniéré que l’application actuelle n’en estpas fixée avec assez de précision. Tels sontles adjectifs conjonctifs qui & que , & l’ad-verbe conjonctif donc; parce que n’ayantpar eux-memes m nombre ni genre déter-miné , la relation en devient nécessaire-
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ment douteuse , pour le peu qu’ils netiennent pas immédiatement à leur anté-cédent. Tels font nos pronoms de la troi-sième personne ; il , lui, elle, la , le ,les, ils , eux , elles , leur ; parce qu®tous les objets dont on parle étant dela troisième personne , il doit y avoirincertitude sur la relation de ces mots,dès qu’il y a dans !e méme discours plu-sieurs noms du même genre &c du mêmenombre, íi l’on n’a soin de rendre cetterelation bien sensible par quelques-uns deces moyens qui ne manquent guere i ceuxqui savent écrire. Tels sont enfin les arti-cles possessifs de la troisième personne,son , j a , ses , leur , leurs ; & les purs adjec-tifs possessifs de la même personne ,fien »sienne ,siens ,siennes ; parce que la troisièmepersonne déterminée à laquelle ils doiventse rapporter , peut être incertaine à leurégard comme à l’égard des pronoms per-sonnels , & pour la même raison.
Je ne citerai point ici une longue fuited’exemples ; je renverrai ceux qui en dé-sirent , à la remarque$4 7 de Vaugelas, ouils en trouveront de toutes les especes avecles correctifs qui y conviennent ; mais j®finirai par deux observations.
La premiere , c’est que phrase louche &phrase équivoque , sont des expressions ,comme je l’ai déja remarqué , synonymessi l’on veut j mais non pas identiques jelles énoncent le même défaut de netteté,mais elles en indiquent des sources diffe'rentes. Phrase amphibologique , est uneexpression plus générale , qui comprendsous soi les deux premieres, comme 1®genre comprend les especes ; elle indiqu®encore le même défaut de netteté, mai*fans en assigner la cause. Ainsi , lespressions qu il prit depuis , qu il tâcha d ecommuniquer aux siens, &c. c’est une phral®louche, parce qu’il semble d’abord qu’oUveuille dire , depuis le temps qu'il tâcha , 311lieu que depuis est employé absolument r& qu’on a voulu dire ; lesquelles il tâcha tincertitude que l’on auroit levée par un ^avant q u 1 il tâchât. Liftas promit à fort pe rede r!abandonner jamais ses amis , c’est unsphrase équivoque, parce qu’on ne sait s us’agit des amis de Lysias, ou de ceux d®