Band 
Tome trentième.
Seite
753
JPEG-Download
 

S E N

son pere : toutes deux font amphibologi-ques.

La seconde remarque, c’est que M. d uParfais n’a pas dû citer comme une phraseamphibologique, ce vers de la premierefc dition du Cid. ( HI. €. )

l'amour n est qiiun plaisir , d ’t honneur undevoir.

La construction de cette phrase met né-cessairement de niveau C amour & P honneur,& présente l’un & 1 autre comme cgale-ni cnt méprisables : en un mot, elle a leniem.e sens que celle-ci.

Id amour ri est qu un plaisir , lhonneur n’ejîqu'un devoir.

. II est certain que ce n’étoit pas l’înten-tion de Corneil'e , & M. du Marsais enconvient ; mais la feule chose qui s’eníuivedelà, c’est que ce grand poète a fait unconirc-fens, & non pas une amphibologie ; &* académie a exprimé le vrai Jens de l’au-, quand elle a dit :

IIamour n'ejl qu un plaisir , Vhonneur estun devoir.

L faut donc prendre garde encore deConfondre amphibologie fie contre-sens : Vam-phibologie est dans ur.e phrase qui peutcgalement servir à énoncer plusieurs sensoistcrens, ôc que rien de ce qui la consti-tlle , ne détermine à Pun plutôt qu’à Pau-tre : le Contre-fins est dans une phrase quice peut avoir qu’un jens , mais qui auroitdu être construite de maniéré à en avoir

tin autre. Voye^ CoNTRE-SENS.

ILéiumons. La signification est l’idée to-tale dont un mot est le signe primitif par‘a décision unanime de Pillage.

U acception est un aspect particulier fouslequel la signification primitive est envisa-ge dans une phrase.

Le sens est une exauce signification diffé-rente de la primitive , qui est entée , pourainsi dire , sur cette premiere , qui lui estou analogue ou accessoire , & qui est moinsindiquée par le mot même que par facombinaison avec les autres qui constituentla phrase. C’est pourquoi l’on dit égale-ment le sens d’un mot, & le sens d’unephrase ; au lieu qu’on ne dit pas de même, a signification ou l 'acception d’une phrase.kB.E.R.M.)

Tome XXX,

S E N

SENS , ( Métaphysique, ) sens est unefaculté de l’ame , par laquelle elle apperçoitles objets extérieurs, moyennant quelqueaction ou impression faite en certaines par-ties du corps, que l’on appelle les organesdes sens , qui communiquent cette impres-sion au cerveau.

Quelques-uns prennent le mot .fst n s dansune plus grande étendue ; ils le définissentune faculté par laquelle Pâme apperçoit lesidées ou les images des objets,soit qu’edeslui viennent de dehors, par l’impressiondes objets mêmes, soit qu’elles soient oc-casionnées par quelque action de 1 ame lurelle-même. ’

En considérant sous ce point de vue lemot sens , on en doit distinguer de deuxespeces, d’extéricurs fit d’intérieurs ; quicorrespondent aux deux différentes manié-rés dont les images des objets que nous ap-percevons , sont occasionnées fit présen-tées à l’esprit , soit immédiatement dudehors, c’est-à-dire, par les cinq sens ex-térieurs , l’ouie, la vue , le goût, le tact fitPodorat ; soit immédiatement du dedans,c’est-à-dire, par les Jens internes, tels quel’imagination , la mémoire , l’attention, &c.auxquelks on peut joindre la faim , la soif,la douleur, &c.

Les sens extérieurs sont des moyens parlesquels l’ame a la perception ou prend con-noistànce des objets extérieurs. Ces moyenspeuvent être considérés tant du côté del’esprit, que du côté du corps. Les moyensdu côté del’esprit sont toujours les mêmes:c’est toujours la même faculté par laquellej on voit, on entend. Les moyens du côté! du corps sont aussi différens, que les áiffé-rens objets qu’il nous importe d’apperce-voir. Delà ces différens organes du senti-ment ; chacun desquels est constitué demaniéré à donner à l’ame qiulque repré-sentation fit quelque avertissement de Pétâtdes choses extérieures , de leur proximité ,de leur convenance, de leur disconvenancefit de leurs autres qualités: & de plus à don-ner des avis différens, suivant le degré,l’eloignement, ou la proximité du dangerou de l’avantage ; fie c’est delà que vien-nent les différentes fonctions de ces orga-nes , comme d’entendre , de voir , de sen-| tir ou flairer , de goûter ,àc toucher.