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^ette action des parties sonores qu’une corde Ien vibration en fait remuer une autre , &c ’est par ce toucher du son que nous sen- ,sons nous-mêmes , lorsque le bruit est !violent, une eípece de trémoussement fort 1Estèrent de la sensation du son parl’oreille,quoiqu’il dépende de la même cause.
Toute la différence qui se trouve dansnos sensations ne vient donc que du nora-ote plus ou moins grand , & de la positionPlus ou moins extérieure des nerfs. C’estPourquoi nous ne jugeons des choses qued’après l’impression que les objets font fureux ; & comme cette impression varie avecNos dispositions, les sens nous en imposentnécessairement: les plus importans ne fontsouvent que de légeres impressions ; & pourNotre malheur , le messianisme de tout leMouvement de la machine dépend de cesEfforts délicats qui nous échappent.
Cependant les sens nous étoient absolu-rent nécessaires, ct pour notre être ctPour notre bien-être: ce font, dit Mi. le, autant de sentinelles qui nous avér-assent de nos besoins & qui veillent à notreconservation. Au milieu des corps utilesà nuisiblex qui nous environnent , ce fontautant de portes qui nous font ouvertesP°ur communiquer avec les autres êtres," P°ur jouir du monde où nous sommesPlacés. 11s ont enfanté des arts fans nombrepour satisfaire leurs délices, & se garantirdes impressions fâcheuses. On a tâché dansf et ouvrage de développer avec brièveté*c méchanisme & des arts ct des sens ; peut-® tre même trouvera-t-on qu’on s’y est tropétendu; mais quand cela seroit vrai, com-ment résister au torrent des choses curieu-* es qui s’offrent en foule lur leur compte ,& combien n’en a-t-on pas supprime avecquelque regret ? Car enfin les arts fontprécieux, ct les sens offrent le sujet le plusintéressant de la physique, puisque ce fontnos moyens de commerce avec le reste del’univers.
Ce commerce entre I’univers & nousse fait toujours par une matière quiaffecte quelque organe. Depuis le tou-cher jusqu’à la vue , cette matière est deplus en plus subtile, de plus en plus ré-pandue loin de nous, & par là de plus enplus capable d'étendre Içs bornes de notre I
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commerce. Des corps, des liqueurs, desvapeurs, de l’air, de !a lumière, voilà lagradation de ses correspondances, ct lessens par lesquels elles se font nos interprètes& nos gazettiers. Plus leurs nouvelles vien-nent de loin , plus il faut s en defier. Letoucher qui est le plus borné des sens estaussi le plus sûr de tous ; le goût & l’odoratle font encore assez, mais fouie commenceà nous tromper très-souvent ; pour la vue,este est sujette à tant d’erreurs, que I in-dustrie des hommes , qui fait tirer avantagede tout, en a composé un artd’en imposeraux yeux; art admirable, & poussé si loinparles peintres, que nous y aurions peut-être perdu à avoir des sens moins trompeurs.Mais que dire des conjectures dans lesquellesils nous entraînent ? Par exemple, la lu-mière, fluide particulier qui rend les corpsvisibles , nous fait conjecturer un autrefluide qui les rend pesans, un autre qui lesrend électriques, ou qui fait tourner laboussole au nord, &c. Tant de suppositionsprouvent assez que ce que les sens nousmontrent, est encore tout ce que nousJ savons de mieux.
Qu’on juge par là des bornes étroites &du peu de certitude de nos connoiíïànces,qui consistent à voir une partie des chosespar des organes infidèles ct à deviner lereste. D’où vient, direz-vous, cette naturesi bonne , si libérale, ne nous a-t-elle pasdonné des sens pour routes ces choses quenous sommes contraints de deviner , parexemple, pour ce fluide qui remue la bous-sole, pour celui qui donne la vie aux plantes& aux animaux? C’étoit le plus court moyende nous rendre savans fur tous ces phéno-mènes qui deviennent fans cela des énigmes:car enfin les cinq especes de matières quifont comme députées vers nous , des étatsdu monde matériel ne peuvent nous endonner qu’une vaine ébauche ; imaginonsun souverain qui n’auroit d’autre idée detous les peuples que celles que lui donne-roient un françois, un persan , un égyp-tien , un créole , un chinois, qui tous cinqferment sourds ct muets ; c’est ainsi roueau moins que font toutes ces especes dematières. En vain la physique moderne faitses derniers efforts pour interroger cesdéputés ; quand on suppolçrok qu’ils diront