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un jour tout ce qu’ils font eux-mêmes, iln’y a pas d’apparence qu’ils disent jamaisce que font les autres peuples de matièredont il ne font pas.
Le créateur n’a pas voulu nous donnerun plus grand nombre de sens ou des sensplus parfaits , pour nous faire connoîtreces autres peuples de matière , ni d’autresmodifications dans ceux-mêmes que nousconnoissons. II nous a refusé des ailes,il a fixé la médiocrité de la vue qui n’ap-perçoit que les feules surfaces des corps.Mais de plus grandes facultés eussent étéinutiles pour notre bonheur & pour toutle système du monde. Accuserons-nous!e ciel d’étre cruel envers nous & enversnous seuls ?
Le bonheur de l’hcmme , dit Pope ,( qui emprunte pour le peindre , le langagedes dieux ) le bonheur de l’homme , lìI’orguerl ne nous emêpchoit point de l’a-vouer, n’est pas de penser ou d’agir au-delà de l’homme même , d’avoir des puis-sances de corps & d’efprit, au delà de cequi convient à fa nature & à son état.Pourquoi l’homme n’a-t-il point un œilípicroscopique ? C’est par cette raison bieníìmple , que l’homme n’eít point unemouche. Et quel en feroit l’usage , fil’homme pouvoit considérer un ciron , &que sa vue ne pûts’étendre jufqu’aux cieux?Quel feroit celui d’un toucher plus délicat,íi trop sensible, & toujours tremblant,les douleurs & les agonies s’introduifoientpar chaque pore ? D’un odorat plus vif,fi les parties volatiles d’une rose , par leursvibrations dans le cerveau , nous íaisoientmourir de peines aromatiques ? D’uneoreille plus fine, si la nature fe fa i foi r tou-jours entendre avec un bruit de tonnere ,& qu’on fe trouvât étourdi par la musiquede ses sphères roulantes ? O combien nousregréterions alors que le ciel nous eûtprivédu doux bruit des zéphirs & du murmuredes ruisseaux ! Qui peut ne pas reconnoîtrela bonté & la sagesse de la providence,également & dans ce qu’elle donne , & dansce qu’elle refuse ?
Regardons pareillement les sensationsquiaffligent ou qui enchantent l’ame commede vrais préíens du ciel. Les sensationstristes avertissent l’homme de le mettre en
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garde contre l’ennemi qui menace le corpsde là perte. Les sensations agréables Pin-vitent à la conservation de son individu ôtde son espece.
Peut-être que des sens plus multipliésque les nôtres , fe fussent embarrassés, oúque l’avide curiosité qu’ils nous eussentinspirée, nous eût procuré plusd’inquiétudeque de plaisir. En un mot, le bon usagede ceux que nous avons , suffit à notrefélicité. Jouissons donc, comme il con-vient , des Jens dont la nature a bien vou-lu nous gratifier : ceux de fouie & de lavue me semblent être les plus délicats 6 cles plus chaises de tous. Les plaisirs qui lesremuent, font les plus innocens \ & lesarts à qui nous devons ces plaisirs, mé-ritent une place distinguée parmi les artslibéraux , comme étant des plus ingénieux,puifqu’on y emploie toute la subtilité descombinaisons mathématiques. La peinturereveille I’imagination &: fixe la mémoire ;la musique agite le cœur, & soulevé lespassions. Elles font passer les plaisirs dansl’ame ; l’une par les yeux, l’autre parl’oreille. On diroit même que les pierre-ries ont un charme singulier, dont la modefe sert poyr fixer la curiosité. II le fautbien ; car fans cet éclat impérieux , notrefolie auroit des bornes, du moins cellesque l’inconífance a foin de mettre à tousnos goûts. Eít-ce que ces eteincelles puresqui pétillent au sein du diamant , feroientune espece de collyre pour la vue ? Lesluíìres tk les glaces feroient à ce prix unemerveilleuse invention , &: peut-être ceschoses ont-elles avec nous une douce sym-pathie , dont nous sentons feffet fans !edeviner? Les plaisirs des autres sens peu-vent être plus vifs, mais je les crois moinsdignes de l’homme. Ils s’émoussent, ils fsblasent, quand on les irrite ; & quand onen abuse, ils laissent dans la vieillesse untriste repentir ou de fâcheuses infirmités.( Le ckevalier DP J AU COURT. )
Sens INTERNES, ( Phyfiol . ) actionsde l’ame ou de l’intellect, auxquelles il estexcité par la perception des idées.
Les feules voies par où les connoiffim-ces arrivent dans l’entendement humain »les seuls passages, comme dit Loke , pa clesquels la lumière entre dans cette