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Voye\ encore Vidée de thomme physique &moral.
Les opérations de I’ame ne tiennent pasmoins à h sensibilité. Le plaisir, le cha-grin, toutes les passions semblent íe pein-dre dans íe centre remarquable formé dansla région épigastrique par quantité de plexusnerveux ; & certes il n’est point de combi-naison difficile , d’attention bien forte ,point d’effortde mémoire , qu’au préalableJ’estomac & tout le centre épigastriquene soient comme pressés d’un sentiment demal-aise qui dénote faction de ces organes.C’est une affaire de sentiment pour qui veutI’obferver.
Ainsi dans le plaisir , l’ame sensitiveagréablement émue dans le principal de sescentres, semble vouloir s’élargir , simpli-fier pour présenter plus de surface à la per-ception. Cette intumescence, s’il est permisde le dire, de lime sensible , répand danstoutes les parties le sentiment agréable d’unsurcroît d’existence; tous les organes mon-tés au ton de cette sensation, s’embel-lissent, & l’animal, entraîné par la douceviolence faite aux bornes ordinaires deson être , ne veut plus, ne fait plus quesentir, &c.
Dans íe chagrin au contraire, ou dans latristesse, l’ame sensitive se retire déplus enplus vers le noyau du corps dont elle laisselanguir les fonctions; mais si la passion va juf-qu’à la terreur, c’eíì alors une irruption sou-daine de l’ame vers ce noyau où vous diriezqu’elle se comprime tant qu’elle peut pour segarantir des perceptions: bientótcependantrevenue à elle-méme, elle se débande enportant à la circonférence du corps les hu-meurs qu'elle y avoir concentrées avec elle ,& si quelque partie qui, durant fa retraite ,n’avoit point [exercice du sentiment, aété offensée , elle ne manque pas de recon-noître le dommage, & de fe jeter avecune plus ou moins grande quantité d’hu-,meurs & de force dans cette partie poul-ie réparer, &c. Or, cette collection d’hu-mevirs, de forces & de sensibilité , ne peut Iíe faire fans douleur ; & il y a mêmetout lieu de penser qu’elle en est la causeMatérielle.
La théorie des centres de l’ame sensitive& des transports de son activité, facilite
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encore l’explication de beaucoup d’autresphénomènes , comme, par exemple, celledes tempétamens qui , suivant nos prin-cipes , peuvent être regardés comme lerésultat des modifications imprimées àcertains organes par un surcroît de sinfibi~lité & d’action habitué à ces organes ;enfin celle des différentes habitudes desindividus , dont nous aurons occasion deparler dans la fuite de cet article , & quinc sont pas assurément un objet à négligerdans l’étude de l’économie animale, &c.
II faut donc considérer la sensibilité dans[’état naturel de 1 homme comme un êtrequi ne cherche , qui ne respire que sen-timent & mouvement, dont la nature est!a même dans tous les sujets ; mais dont les1 effets varient conséquemment à la dispo-sition ou á [indisposition des organes, à; qui feule on doit imputer les ataxies appa-i rentes de l’exercice de cette ame sensible ;c’est en même temps, comme nous l’avonsvu, par les transports de son activité d’unorgane à l’autre , qu’elle se procure lesdifférentes sensations, & détermine lesdifférens appétits qui constituent & aiguil-lonnent notre existence , en quoi se trouveconfirmée cette vérité de tous les siécles»savoir, que vivre , c (f proprement sintir.
Sensibilité dans f état contre nature , oupar rapport à la pathologie. La sensibilité ,suivant tout ce que nous venons d’exposer,étant distribuée par doses à toutes lesparties organiques du corps , chaque organesent ou vit à sa maniéré , & le concoursou la somme de ces vies particulières faitla vie en général, de même quel’harmonie,lasymmétrie& l’arrangement de ces petitesvies fait la santé.
Mais lorsque cette distribution & cetteaction économique de la sensibilité se trou-vent dérangées à un certain point parl’indifposirion des nerfs ou des partiesorganiques , ce dérangement est l’étatqti’on appelle de maladie , ou la maladiemême, laquelle se borne pour [ordinaire ice dérangement, sans y supposer la des-truction du principe sensitif.
Néanmoins cette destruction arrive quel-quefois lorsque l’intensité des causes nuisi-bles venant à éloigner ou à suspendre tropì long-temps la présence ou l’exercice de laGggSS 2