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DU SYSTÈME DU MONDE.
Kepler ; tels son t les principaux services que Ticlio Brahé a rendusà l’astronomie. Frappé des objections que les adversaires de Copernicopposoient au mouvement de la terre, et peut-être entraîné par lavanité de donner son nom à un système astronomique, il méconnutcelui de la nature. Suivant lui, la terre est immobile au centre del’univers ; tous les astres se meuvent chaque jour, autour de l’axedu monde; et le soleil, dans sa révolution annuelle, emporte aveclui les planètes. Dans ce système déjà connu, les apparences sont lesmêmes que dans celui du mouvement de la terre. On peut générale-ment considérer tel point que l’on veut, par exemple, le centre dela lune, comme immobile; pourvu que l’on transporte en senscontraire, à tous les astres, le mouvement dont il est animé. Maisn’est-il pas physiquement absurde, de supposer la terre sans mou-vement dans l’espace , tandis que le soleil entraîne les planètes aumilieu desquelles elle est comprise ? La distance de la terre au soleil,si bien d’accord avec la durée de sa révolution, dans l’hypothèsedu mouvement de la terre , pouvoit-elle laisser sur la vérité de cettehypothèse, des doutes à un esprit fait pour sentir la force de l’ana-logie ? Il faut l’avouer, Ticho, quoique grand observateur, ne futpas heureux dans la recherche des causes : son esprit peu philoso-phique fut même imbu des préjugés de l’astrologie qu’il a essayé dedéfendre. Il seroit, cependant, injuste de le juger avéc la mêmeligueur, que celui qui se refuseroit, de nos jours , à la théorie dumouvement de la terre, confirmée par les découvertes nombreusesfaites depuis, en astronomie. Les difficultés que les illusions dessens opposoient alors à celte théorie, n’a voient point encore étécomplètement résolues : le diamètre apparent des étoiles , supé-rieur à leur parallaxe annuelle, donnoit à ces astres, dans cettethéorie, un diamètre réel, plus grand que celui de l’orbe terrestre.Le télescope , en les réduisant à des points lumineux, a faitdisparoître cette grandeur invraisemblable. On ne concevoit pascomment les corps détachés de la terre, pouvoient en suivre lesmonvemens. Les loix de la mécanique, ont expliqué ces appa-rences : elles ont fait voir, ce que Ticho révoquoit en doute, qu’uncorps, en partant d’une grande hauteur, et abandonné à la seuleaction de la gravité, doit retomber à très-peu près, au pied de la
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