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Tome trentième.
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S E R •

Cnne ne lui rendit déshonneurs plus solen-nels & plus surprenans que celle d’Alexan-drie. Sikxandria civitas quos condttanm Ale-xandrum macedanem gloriatur, Serapin at-quelstn cul t u peu} attonitœ venerat,onìs ob-servât , dit Macrobe , liv. I. Satura.

On l’y adoroit, selon Tacite, commenne espece de divinité universelle qui re-présentoit Esculape , Osiris , Jupiter, Plu-ton : dettm ipfum multì JEJculapium quoamedeatur eegris corporibus , quidam Ofirin antiquijfimum itlis gentibus numen , ple-iqut Jo-vem , ut rerum omnium potentem , plurimi di-ttm pat rem insignibus quce in ipso manifesta autper ambages conjeSant. On le prenoit auffi

Í iour Jupiter Ammon , pour le Soleil , se-on Macrobe, & pour Neptune. Le buttede Sérapis , au revers d’Antonin Pie , nousle montre , dans Seguin, fous presque tousces différens rapports ; le boisseau fur latête, la couronne rayonnée , les cornesde bélier , la corne d’abondance devant lui,& derriere lui un sceptre à trois pointes ,entortillé d'un serpent, même avec la cui- jtasse , comme le dieu Mars. j

On s’étoit auffi formé de Sérapis uneidée comme d’un dieu unique, qui compre-nois les attributs de toutes les autres divi-nités; ce qui donna lieu aux payens depublier que les chrétiens 8c les juifs, quine reconnoissoient qu’un seul Dieu, ado-rcìent Sérapis ; c’est ce qu’aíîure l’empereurHadrien dans une lettre à Severianus,rapportée dans Vopifcus, d’après Flegon :illi, dit-il , qui Serapin colunt christianijunt,8-' qui se Chrijìi epìscopos dìcunt , unus illisDeus ejl ; hune christiani , hune judeos huneomnes venerantur , & gentes.

C’ett à cette divinité qu’étoit consacré leftjperbe temple d’Alexandrie, dans lequelon transféra la statue de ce dieu , que leshabitans de Sinope poííécìoient, & qu’ilsadoroient fous le nom de Jupiter Sérapis ,Plutus ou Platon.

II est très-íingulier que les Alexandrinsqui avoient cette divinité chez eux pourainsi dire, puifqu’elle étoit la premiersdivinité de toute l’Egypte, se soient avisésde Palier chercher au delà des mers, 8cdans une ville auffi éloignée d’Alexandrie«me l’étoit Sinope, & d’adorer Jupiter-àérapis , divinité égyptienne, fous Je titre

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d’un dieu étranger, savoir sous celui deZtvs’ZwrÌTtit, Jupiter de Sinope. Tacite,Plutarque Sc Eustathe nous en disent laraison, dont le détail seroit trop long àraconter autrement que par l’extrait sui-vant.

Entre plusieurs temples des plus magni-fiques dont Ptolémée Soter, fils deLagus»avoir orné la nouvelle ville d’Alexandrie ,qu’il avoir choisi pour la capitale de sonroyaume , il en avoir fait bâtir un beau-coup plus superbe qu’aucun autre, & toutéclatant d’or. Comme il étoit en suspens àquel dieu il devoir le dédier, un génied'une beauté charmante, & d’une tailleau dessus de l’humaine, lui étant apparu ensonge , lui conseilla de faire venir sa statuedu Pont, après quoi il disparut en s’éle-vant dans les airs environné de flammes.

Ce prince ayant raconté fa vision à Tì-mothée , savant athénien , de la race desEumolpides, il apprit de lui que près deSinope , ville de Pont, étoit un vieuxtemple consacré à Jupiter-Plurus ; dont lastatue étoit singulièrement respectée parles habitans de cette contrée. Sur cet avis,Ptolémée envoya Timotliée en ambaslàdeà Scydrothemis , roi de Sinope, pour leprier, en lui offrant en même temps deriches présens, de vouloir bien lui accor-der ce dieu.

Scydrothemis fit d'abord de grandes dif-ficultés , & cependant retint Timothée àfa cour le plus long-temps qu’il put, en l’a-mufant toujours de belles promesses. Maisenfin au bout de trois ans , le dieu fe dé-clara de lui- même , & fe rendit de sontemple sur le vaisseau de l’ambassadeur ,qui auffi-tôtayant mis à la voile , arriva,par un miracle encore plus inouï, en troisjours dans Alexandrie,i Cette divinité y fut reçue avec toutesles marques possibles de vénération , & àPinslant Ptolémée la fit mettre dans letemple qu’il lui avoit destiné, avec d’au-tant plus de pompe , qu’il reconnut qus

c’étoit le portrait même qui lui étoit apparu,Sc que c’étoit auffi l’image de Jupiter-Se-rapis , qui étoit adoré en EgyP te PfjF , edieu Platon. C’est ce même dieu qu Athé-née nomme le Jupiter égyptien , et Martial