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Tome trentième.
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taines choses , auxquelles on netoit pointobligé bailleurs, la nature de ces chosesnayant rien par elle-même qui nous rendecertains quil veut bien accepter rengage-ment; il faut, ou quil nous donne à con-noitre fa volonté par quelque voie extraor-dinaire , ou que lon aie dessus desprésomptions très-raifonnables,fondées furce qui convient aux perfections de cet êtresouverain. On ne peut simaginer , fans luifaire outrage , quil fe prere à nos delirs,toutes les fois quil nous prendra envie decontracter avec lui» & de gêner inutile-ment notre liberté: ce feroit supposer quilretire quelquavantage de ces engagemensvolontaires, qui doivent être toujours de.sdevoirs indispensables.

Le docteur Cumberland prétend quonse forme une nouvelle obligation après leserment dans les engagemens quon prend ;mais cette nouvelle ob'igation nempêchepas que la validité du jerment nait uneliaison nécessaire avec la validité de Renga-gement , pour la confirmation duquel onle prête. La premiere & la principale rai-son , pourquoi celui qui manque à la paroledonnée avec serment , mérite dêtre puni,cest parce quil a violé fes engagemens ;le parjure le rend seulement plus coupa-ble , & digne dune plus rigoureuse puni-tion. Qnoiquil peche alors, & contre cetteloi naturelle qui ordonne de tenir ce quelon a promis, & contre celle qui défenddinvoquer le nom de Dieu témérairement,cela ne change point la nature des obli-gations qui naissent de-, en tant quejointes ensemble , de telle maniéré que laviolation de ce qui se rapporte à Dieu , sup-pose ici nécessairement une infraction de1 autre qui regarde les hommes, auxquelson sengage en prenant Dieu à témoin.On ne le prend à témoin, que pour coníì -Bier Rengagement lon entre enversceux à qui l on jure ; & íi lon a lieu decroire quil veut bien se rendre garant deRengagement & vengeur de son infraction,ceíì uniquement parce que Rengagementna rien en sci-même qui le rende ou illi-cite, ou invalide. Traité Jes loue naturelles.

( D.G.) t r ' \

Serment , s. m. {Littéral .) attestation

religieuse dc la vérité » de quelque affirma-

S E R

tion, engagement, promesse, &c. Maisnous ne voulons pas ici considérer leferment en théologien, en jurisconsulte, nien moraliste ; nous ,en voulons parler ensimple littérateur, & dune façon très-con-cife. On trouvera dans les mém. des infe.des détails étendus fur le même sujet & dansle même plan , car cette matière envisagéede cette maniéré , présente quantité dschoses agréables, curieuses & solides ; ceíìlhistcite de tous les peuples.

L'usage des ferment fut ignoré des pre-miers hommes. La bonne foi régnois parmieux , & ils étoient fideles à exécuter leursengagemens. 11s vivoient ensemble fanssoupçon , fans défiance. Ils sc croyoient ré-ciproquement fur leur parole, & ne fa-voient ce que cétoit, ni que de faire desferment , ni de les violer. Dans ces pre-miers jours du monde naissant, dit Juvé-nal , les Grecs nétoient pas toujours prêtsà jurer , 3e si nous en croyons M. Def-préaux.

Le Normand même alors ìgnoroitle parjure.

Mais sitôt que lintérêt personnel euCdivisé les hommes, ils employerent pourfe tromper la fraude & Partifice. Ils scvirent donc réduits à la triste nécessité defe précautionner les uns contre les autres.Les promesses, les protestations étoientdes liens trop foibles ; on tâcha de leurdonner de la force en les marquant du sceaude la religion , & lon crut que ceux qui"ne craignoient pas dêtre infidèles, crain-droient peut-être d'être impies. La dis-corde, h le de la nuit, dit Hésiode, enfantales mensonges, les discours ambigus &captieux, & enfin le ferment , si íuneíscà tout mortel qui le viole. Obligés davoitrecours à une caution étrangère , les hom-mes crurent la devoir chercher dans un êtreplus parfait. Ensuite plongés dans lidoB'tiie, le ferment prit autant de formes dif-férentes que la divinité.

Les Perses atreífoient le soleil, P°. uCvengeur de {'infraction de leurs protnestes*Ce même Jerment prit faveur chez les Grecs& les Romains : témoin ce beau versdHomere. . ,,

UtXut»St«\TÍQtf*i ----««-rn.c.

Je vous atteste, soleil, vous qui vcss 22& qui entendez tout»