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Tome trentième.
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S E R

Virgile a imité la même idée dans leiv. de PEneïde. " Soleil qui éc'airez par» vos rayons touc ce qui fo paíie fur la« terre....»

Sol qui terrarum flammis optra omnia luiras }& dans le xij. livre.

Esio nunc fol tejìis , &C.

Les Scythes usoientaussi d u nferment, quiavoit je ne sai quoi de noble & de fier, & quirépondoit allez bien au caractère un peu fé-roce de cette nation. Iisjuroient par Pair &par le cimeterre, les deux principales deleurs divinités ; Pair comme étantle principede la vie, & le cimeterre comme étant lunedes causes les plus ordinaires de la mort.

Enfin les Grecs & les Romains attes-toient leurs dieux , qui la plupart leurétoient communs, mais sur-tout les deuxdivinités qui présidoient plus particulière-ment aux fermens que les autres, je veuxdire la déesse Fides & le dieu Fidíus.

Les contrées, les villes, & les particu-liers avoient certains/ir/ne/jjdont ils usoientdavantage, selon la différence de leur état,de leurs engagemens , de leur goût, oudes dispositions de leur cœur. Ainsi lesvesta'es juroient par la déesse à qui ellesétoient consacrées.

Les hommes qui avoient créé des dieuxà leur image , leur prêterent aussi les mê-mes foiblesses, & les crurent comme euxdans la nécessité de donner par des fermensune garantie à leur parole. Tout le mondefait que les dieux juroient par le styx. Ju-piter établit des peines très-íêveres contrequiconque des dieux, oseroit violer un fer-ment si respectable.

Nous avons vu que la bonne foi eut be-soin, pour le soutenir , dempruncer le se-cours des fermens. II fallut que les fermensà leur tour , pour se conserver dans quel-que force , enflent recours à certaines cé-rémonies exterieures. Les hommes esclavesde leurs sens, voulurent quon les frappâtpar des images iensiblçs, & â la honte, deleur raison : I appareil fir souvent plusdimpression fur et.x que le ferment même.

L usage le plus ancien, & peut-être leplus nature! & le ,?'us simple , cétoit deever la rnam en .allant Jermpnt, Du moins

S E R for

fut én cette forte que se fit le premierferment dont nous ayons connoissance. Jenleverai la main devant le Seigneur le Dieutrès-haut, dit Abraham. Mais les hommesne se contentant pas de cette grande sim-plicité , ceux qui pour leur état étoientdistingués des autres, voulurent jusques> dans cette cérémonie , faire paroître dessymboles & des inffrumens de leurs digni-tés , ou de leurs professions. Ainsi les roisleverent leur sceptre en haut, les générauxdarmées leurs lances ou leurs pavois, lessoldats leurs épées, dont quelquefois aussiils sappliquoient la pointe fur la gorge,selon le témoignage de Marcellin.

On crut encore devoir y faire entrer leschoses sacrées. On établit quon jureroitdans les temples, on fit plus, on obligeaceux qui juroient â toucher les autels.Souvent aussi en jurant, on immoloit desvictimes, on saisis r des libations , & lonjoignoit à cela des formules convenable*au reste de la pompe. Quelquefois encorepour rendre cet appareil plus terrible, ceuxqui sengageoient par des fermens , trem-poient leurs mains dans le sang & dans lesentrailles des victimes.

Mais outre ces cérémonies , qui étoientpresque communes à routes les nations , ily en avoir de particulières á chaque peu-ple , toutes différentes selon la différencede leur religion , ou de leurs caractères. Onvoir dans récriture quAbraham fait tou-cher fa cuisse par Eliezer dont il exigeoitle ferment, Jacob mourant, présent !amême formalité à Joseph : sur quoi lhisto-rien Josephe dit simplement, que cettecoutume étoit générais chez les Hébreux ,qui selon les rabbins juroient de la fortepour honorer la circoncision.

Les Scythes accompagnoient leurs fermentde pratiques tout à fait conformes à leur gé-nie; lorsque nous voulons, dit lun deuxdans Lucien, nous jurer solennellement uneamitié mutuelle, nous nous piquons lebout du doigt, & nous en recevons le sangdans une coupe ; chacun y trempe !a pointede son épée , &. l a portant à fa bouche ,suce cette liqueur précieuse : ceíì painiínous la plus grande marque quon puissele donner dun arrachement inviolable , &

k témoignage le plus infaillible lon eL