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Tome trentième.
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quencesqui en résultent nécessairement. Par 'exemple , J. C. dit : “ Ne résistez point àcelui qui vous fait du mal ; au contraire ,ti fi quelqu’un vous frappe à la joue droite,n présentez-hiì aussi l’autre joue », cha.p. v,■v. 39. C’est interdire la,défense, qui est dudroit naturel de tous les hommes, fansquoi ils ne sauroìent se conserver. Demême : « Si quelqu’un vous veut faire unw procès pour avoir votre robe, laiflêz-lui», aussi votre manteau ». Qu’on pratiquece précepte, & les gens de bien, serontexposés à toutes les injures des méchans ;on les frappera, & on se moquera de leurpatience, qui les exposera à de nouvellesinjures, & au mépris. On les dépouillerade leur bien, & on les réduira eux & lesïeurs à la mendicité. Encore : « Ne vous,, amassez point des trésors fur !a terre, où» les vers & la rouille les consument, chap.„ vj, v. 79. ». Est-i! donc défendu à unchrétien de profiter des bénédictions du ciel,de l’héritage de ses ancêtres, & du succèsde son travail ? Ne peut-il rien amasserpour l’avenir, ni prévenir les revers deì’adverfité ? Faudra-t-il qu’il vive au jourla journée, pendant qu’ií peut très-inno-cemment se mettre à l’abri de !a disette ,& amasser de quoi subsister, lorsque l’âgeou la maladie le mettront hors d’état detravailler ? J. C. dit de même : " Ne vous» mettez point en peine de ce cjni regarde» votre vie, de ce que vous mangerez, de» ce que vous boirez , & â l’égard de*> votre corps de quo> vous vous habillerez,» chap. v , v. 2.5 ». Sur quoi le Seigneurpropose à ses disciples, l’exemple desoiseaux de l’air , qui ne sement ni ne mois-sonnent , & qui n’amassent rien dans lesgreniers : & celui des lis des campagnes,qui ne travaillent ni ne filent, & q ue D| euprend foin de vctir. 1! desend aussi d’avoiraucun souci pour le lendemain , parce que lelendemain aura soin de ce qui le regarde ,ibid. v. 3z , 33. Ii vent enfin que ses disci-ples demandent les choses qui leur font né-cestaires, assures que Dieu les leur donnera,chap. vij y v. 7 , àsuìv.

Pour accorder ces préceptes de J. C.avcc la prudence & la justice, les interprè-tes ont cherché des explications; ils ontfittûté les expressions générales du Sauveur ;

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ils y ont apposé des, conditions. Quelques-uns ont cru que 1 évangéliste avoit omisquelques paroles de J. C. quiauroient servià entendre ses commandemens, & à pré-venir les mauvaises conséquences qui enrésulteroient, si les chrétiens les observoien»à la rigueur ; d’autres ont imaginé des con-; seils évangéliques, c’est-à-dire , des con-seils de perfection, qu’on n’est pas obligé. de pratiquer pour être sauvé ; mais qui don-nent à ceux qui les observent, un méritesupérieur aux autres, & des degrés degloire dans le ciel. C’est une mauvaisedéfaite tout est précepte , commande-ment; & si bien commandement, que notreSeigneur finit son sermon sur la montagne,par la comparaison d’un homme prudent ,qui bâtit sa maison sur !e roc > c’est celui quiobserve les commandemens qu’il vient dedonner, & d'un homme insensé qui bâtiesa maison sur le sable, chap. vij , v. 14, &sutv.

Cependant, comme ori convient que siles chrétiens vouloient observer plusieursde ccs commandemens de J. C. la sociétéferoit bientôt renversée ; les gens de bienen proie à la violence des méchans , sesidele exposé à mourir de faim, parce qu’il.n’auroit rien épargné dans fa prospérité ,pour se nourrir & se vêtir dans l’adversité ;en un mot, tout le monde avoue que lespréceptes de N. S. ne fon t pas incompatiblesavec la surete & la tranquillité publiques :voila ce qui a obligé les interprètes à recou-rir à des restrictions, à des modifications,a des paroles sous-entendues ; mais toutcela n’est pas nécesiàire , & nous paroîttrop recherché : un législateur qui donnedes préceptes, doit s’expliquer clairement ;les paradoxes ne conviennent point dans lesloix ; chacun y apporteroit des restrictions-& des modifications à son gré.

Ce qui a jeté les interprètes dans l’er-reur , c’efì qu’ils ont cru que les préceptesdu Seigneur dans ces trois chapitres regar-doient tous les chrétiens ; au lieu qu'ilsdévoient prendre garde, qu’encore qu'il yon ait beaucoup qui soient communs,a tous^.chrétiens , il y en a beaucoup d autres

qui font particuliers aux apôtres du Seigneur,.& qui leur ont été donnés pour 1 exercice duministère dont ils furent revetus. C est cç.