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Tome trentième.
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que For verra , si Fan fait attention au récitcse S. Luc, qui rapporte en abrégé \e sermonde J. C. fur la montagne. Confultons-le ;cet évangéliste nous raconte, ch. vj , v. 12 ,(fsuivans , que J. C. ayant passé la nuit enprières fur une montagne , lorfqu’il futjour, appela fes disciples , c’est-a-dire ,tous ceux qui faisaient profession de croireen lúi ; & qu’alors il en choisit douze, qu’ilnomma fes apôtres. Après cela il descenditdans la plaine avec ceux qu il venoit de fechoisir , &c guérit un grand nombre demalades. Ensuite il monta fur le penchantde la montagne , 5'y assit, & fes disciplesRapprocheront de lui, Matth.c. v, y.j. Cefont donc ici les disciples auxquels il avoitconféré I’apostolat : alors jetant les yeux fur

éux, il leur dit ; ce fontlesparoles de S. Luc,chap. vj , v. Lo. C’est donc à eux qu’ils’adresíe , & non en général à toute latroupe , qui étoit au bas de la montagne.II vient de leur confier une charge ; il leurdonne fes instructions ; rien de plus clair &de plus simple.

I! ne faut après cela que considérer diversendroits du sermon de J. C. pour voir quec’est à fes apôtres qu’il parle : “ Vous êtes„ le fe! de la terre, vous êtes la lumière dur> monde, la ville assise fur une montagne ,,, Matth. c. v, v. 13 , z 4 ». Tout cela con-vient , non en général aux chrétiens, maisaux apôtres de J. C. destinés par leur minis-tère â préserver !e monde du vice, & àprévenir les jugemens de Dieu fur leshommes, en procurant la conversion despécheurs. Ils étoient !a lumière du mondepar la prédication de l’évangiie ; ils éroientla ville assise fur une montagne , pour ser-vir de modeie Lc de spectacle à Ftinivers ;ils étoient la lampe qui devoir éclairer tousceux qui font dans la maison, savoir dansLéglife de Dieu. II les avertit qu’il n’estpoint venu abolir la loi ou les prophètes,mais les accomplir , ibid. v. tg. C’est uneinstruction dont rs avoient grand besoindans leur ministère. H leur parle des peines.Lé des récompenses, non seulement de ceuxqui auront ob.ervé ou violé la loi, ce qui ne ,regarde que les particuliers ; mais aussi de Iceux qui auront enseigné aux hommes à lavioler, 011 à l’obferver , ibid.

Le Seigneur dit encore à fes mêmes

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disciples : « Cherclv. z premièrement íe» royaume de Dieu & fa justice, St les

» autres choses vous seront accordées par» dessus, ibid. chap. vj, v. 33 ». On peutdonner à ces paroles un sens qui se rapporteâ tous les chrétiens en général, je Favoue ;mais le vrai sens convient aux apôtres dnSauveur ; cherchez à établir le royaume deDieu Sc fa justice ; c’étoit à eux à établirle royaume de Dieu , dont ils étoient lesministres.

“Ne donnez point les choses saintes aux» chiens, Sc ne jetez point vos perles». devant les pourceaux , de peur qu’ils ne» les foulent aux pies , Sc que íe tour-» nant contre vous, ils ne vous déchirent,» ibid. chap. vij , v. 6 ». Cela regarde évi-demment les seuls apôtres, appelés à prêcherl’évangile, Sc à qui J. C. donne ce.préceptede prudence.

On voit donc clairement dans S. Luc ,que le sermon du Seigneur, s’adressè auxapôtres , & non à la troupe ; en voici denouvelles preuves. Après leur avoir préditles persécutions qa’ils souffriront à cause delui, il ajoute;" Réjouissez-vous alors, &» soyez transportés de joie, parce qu'u ne» grande récompense vous est assurée dans» le ciel : car c’est ainsi que leurs peres» ont traité les prophètes, Luc vj , v.» 2.3. ». J. C. parle do'ncà fes apôtres , Scles avertit des persécutions qu’ils auront àsouffrir, comme les prophètes cn ontessuyé. De même encore , il emploie lacomparaison suivante : “ Un aveugle peut-» il conduire un autre aveugle ? ne tombe-» ront ils pas tousdeux dans la fossé ? ibid.» v. 39 ». Ce propos regarde les lèuls apô-tres , appelés par leur ministère à conduireles autres hommes.

Dès qu’on a posé ce principe , que Iesermon de notre Seigneur s’adresse à fes apô-tres , il n’y a plus aucune difficulté. Tousles préceptes qui semblent choquer la pru-dence t la justice , ruiner la sûreté publi-que , & jeter le trouble dans la fociete ;tous ces préceptes, dis-je, font très-justes»& n’ont plus besoin de limitation, ni derestriction. Les apôtres de J. C. occupés deleurs fonctions, ne doivent point s’amaíief*des trésors fur la terre. II falloit fur touteschoses qu’ils sc gardassent d’avarice ;