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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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532 EXPOSITION

général des mouvemens célestes. La nature, en le douant dunprofond génie, prit encore soin de le placer à lépoque la plusfavorable. Descartes avoit changé la face des sciences mathéma-tiques, par lapplication féconde de lalgèbre à la théorie des courbeset des fonctions variables : la géométrie de linfini, dont cettethéorie renfermoit le germe, commençoit à percer de toutes parts :Wallis, Wren et Huyghens venoient de trouver les loixdu mou-vement : les découvertes de Galilée sur la chute des graves, etdHuyghens sur les développées et sur la force centrifuge, condui-soient à la théorie du mouvement dans les courbes : Kepler avoitdéterminé celles que décrivent les planètes, et entrevu la gravita-tion universelle : enfin, Hook avoit très-bien vu que leurs mou-vemens sont le résultat dune force de projection , combinée avecla force attractive du soleil. La mécanique céleste nattendoit ainsipour éclore, quun homme de génie qui en généralisant ces décou-vertes , sût en tirer la loi de la pesanteur : cest ce que Newtonexécuta dans son immortel ouvrage des principes mathématiquesde la philosophie naturelle.

Cet homme célèbre à tant de titres , naquit à "Woolstrop enAngleterre , sur la fin de a 64 2, lannée même de la mort de Galilée.Ses premières études en mathématiques, annoncèrent ce quil seroit,un jour ; une lecture rapide des livres élémentaires, lui suffit pourles entendre ; il parcourut ensuite, la géométrie de Descartes,loptique de Kepler et larithmétique des infinis de Wallis ; etsélevant bientôt à des inventions nouvelles, il fut avant lâge devingt-sept ans, en possession de son calcul des fluxions, et de sathéorie de la lumière. Jaloux de son repos, et redoutant les querelleslittéraires quil eût mieux évitées, en publiant plutôt ses décou-vertes ; il ne se pressa point de les mettre au jour. Le docteur Barrowdont il fut le disciple et lami, se démit en sa faveur, de la place deprofesseur de mathématiques dans luniversité de Cambridge. Cefut pendant quil la remplissoit , que cédant aux instances de laSociété royale de Londres, et aux sollicitations de Halley, il publiason ouvrage des principes. Luniversité dont il étoit membre, lechoisit pour son représentant, dans le parlement de convention de1688, et dans celui qui fut convoqué en 1701. Il fut nommé direc-