S E R
tîcuîlef > cn est très-abondante. Les habl-tans dunouveau monde, au contraire très-riches en mines des plus précieux métaux,n’ont point de mines de fer ; auíli préfé-rent-ils ce métalàl’or 8c l’argent cju’ils onten abondance.
Quoiqu’il nous arrive du fer d’Allema-gne, de SuedeScd’Efpagne, la plus grandepartie que l’on emploie en France, vientdes provinces de ce royaume ; les plus fé-condes en mines font la Champagne , laLorraine, la Bourgogne, la Normandie,le Maine , le Berry, le Nivernois , la Na-varre , 8c le Bearn.
D u serselonJes propriétés. Le fer fe diviseen deux espaces; la premiere est la fonte,qualité très-aigre, dure & cassante, quise coule dans les moules faits exprès , &auxquels on donne la forme que l’on jugeà propos; c’eít de cette efpece que l’onfait les canons, bombes, boulets, tuyauxde conduite, contre cœur de cheminée,poêles, marmites, Sc autres ustensiles decuisine , & enfin des gueuses, qui font desniaises d’environ dix á douze pies de long,dix à douze pouces de large, du poids d’en-viron quinze ou dix-huit cens livres, donton fabrique la seconde efpece; celui quinous vient d’AIJemagne souffre nn peu lalime, mais celui de France nc peut fepolir qu’avec le grès ou l’émeril. '
Plus la mine est en fusion, Sc plus le feren est bon, fur tout lorfqu’ellea été chauf-fée avec du charbon très-fec, fait avec dejeunes bois, Sc gardé d’un an ou deux.
Pour mettre Te fer en état d’être tra-vaillé par les serruriers, maréchaux, tail-landiers , & autres ouvriers, il saur lefondre une seconde fois : on prend pourcet este t les gueuses que l’on frappe en-suite avec un marteau gros & lourd, appelémartinet , mû par un ruisseau ou petireriviere , ordinairement voisine des grandesforges ( c’eít ainsi que l’on appelle le feu oùl’on fabrique le fer ), ensuite on !e taie.chauffer dans la chaufferie, & en le frap-pant de nouveau fur l’enclume , on le ré-duit en barres ou verges de plusieurs grosleurs, longueurs, Sc autres formes doncnous verrons dans !a fuite le cìetail ; alorsst souffre la lime, mais ne petit plus fefoudre.
S E R m
Les fers d’Allemagne & de Suède lonten général beaucoup meilleurs & plus douxque ceux de France ; ceux d’Efpagne , aucontraire, font pour la plupart souverains( pleins de crasse & difficiles à souder) ,St mêlés de grains (Facier ( grains si dursque la lime ne fauroit y mordre ) : on entait un très-gtos commerce à Amsterdam.Les fers de Normandie font de tons lesfers les plus crassans , & dont le grain estle plus gros ; ceux de Saint-Disier St deBourgogne ne font pas beaucoup meilleurs;ceux de Roche Sc de Vibrai font doux 8cfermes , Sc d un grain plus fin ; ceux deSenonche , près Montmirail , au Mans,font aussi doux St plians, & de bonne qua-lité ; ceux que l’on the du Nivernois ionttrès-doux , crès-fernies , Sc très-propres àfaire des épées, canons de mousquets , &cautres ouvrages de cette efpece ; ceux doBerri font fans contredit les meilleurs detous, les plus doux & les plus plians, aussisont-íls les plus estimés.
Du fer selon ses gualitcs. II y a deux ma-niérés de cqnnoìtre la bonne ou la mauvaisequalité du fer , à la forge , St par le grainlorsqu'il a été casté à froid.
Le bon ter fe connoît à la forge lorsqu’ilse chauffe bien, lorsqu’il n’eíl point rou-verain, qu il se soude facilement , Sc lors-qu’il est ferme fous le marteau : car lors-qu'il est doux , il est souvent cassant à froid.
On le connoît encore après avoir étécasse a froid, lorsque le grain est très-gros,clair 8c brillant comme l’étain de glace , iíest le moindre de tous, & également dif-ficile à employer à la lime Sc à la forge :lorsque le grain en est petit Sc serré , à peuprès comme cehii de l’acier , il est pliant àfroid , mais fe soude mal & fe polit diihcile-ment : on en fait pour cela des outils pouetravailler à la terre, loilcjue le grain en eíïnoir Sc cendreux dans la cassure, le fer eílnéanmoins bon, doux Sc maniable à froid& à la lime ; celui dont la cassure est d’u \noir gris tirant fur le blanc, est plus dur,Sc par conséquent plus convenable auxgrosouvrages, comme ceux des maréchaux,taillandiers, & autres; celui dont le grainest d’une moyenne grosseur, dont unepartie de la cassure est grise, une aurranoire , Sc une autre blanche, est égaie».