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ment bon pour la forge & pour la lime.
Le bon fer fepeutconnoître encore à lavue, lorsqu’il ell fort noir & qu'il semblebien uni &c bien lisse ; I’autre, au con-traire, paroit rude, & les porcs femblentmoins ferrés ; mais de cette maniéré onest fort sujet à s’y tromper , & les gensmême de l’art n’oient guere s’en asturcrfur l’apparence , ils aiment mieux réprou-ver lorfqu’its en ont besoin. ,
Mais s’il arrivoir par hasard que l’on eíitbesoin de fer très-doux , & que l'on n’eneût point, on pourroit avec de très-caf-sant & très-aigre, en faire d’auiîi douxque l’on jugeroit à propos, en le réduisanten plusieurs petits morceaux applatis quel’on joindroit ensemble en forme de pâté ,ainsi appellé selon l’art, & les corroyantbien ensemble avec le marteau après lesavoir chauffés ; & ainsi plus le fer est cor-royé , & plus il devient bon.
Des différentes especes de fer. Le fer dontse fervent les ouvriers , arrive ordinaire-ment des grandes forges , en barre de dif-férentes grosseurs & longueurs, & se diviseen deux especes, le coulé & le forgé.
La premiere, qu’on appelle fer coulé , esttoujours en botte , pesant environ depuiscinquante jusqu’à cent 8c cent cinquantelivres chacune, composées de plusieursbarres attachées ensemble avec deux’, trois,ou quatre liens de fer ; de cette espece ilen est de méplat {a) & de quarté. Le pre-mier porte, depuis dix-hnit lignes de large,tine ligne & demie d’épaisseur , & environdix piés de long, jufqu'à deux pouces &demi de large, 3 lignes d’épaisseur, &dix-huit ou vingt piés de long. Le ferquarté en botte , nommé autrement côtede vache , porte depuis ; lignes de grostèur,qu’on appelle alors santons , avec lesquels«u fait les santons de cheminée , dont nousparlerons dans la fuite , jusqu’à 8 à q lignesde grosseur, & toutes de 9 à 10 piés de
longueur.
Le sor forgé est de trois sortes, rondquarté ou méplat; les premiers font desbarres appelés tringles , dont la grosseur
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porte depuis 3 lignes, jusqu’à 8 à 9 lignes;quelquefois 10 piés, & quelquefois 18 piésde longueur, mais toujours liées en botte.A l’égard des deux dernieres sortes , onpeut dire qu’il y en a de toutes les gros-seurs & longueurs; l’une, porte envi-ron depuis 8 lignes, appelée fer caril~Ion, jusqu’à 4 Sc 5 pouces de grosseur ;les barres de cette derniere grosseur neson r pas si longues à cause de leur tropgrande pesanteur ; & qu’en conséquence,étant déjà assez difficiles à transporter, ilest inutile d’en augmenter le poids par lalongueur. II y a encore un fer carillon quin’a que 6 à 7 lignes de grosseur , & dont lesbarres n’ont de longueur que la moitié desautres » c’est-à-dire , environ 1 o piés : detout le fer quarré , celui dont on fait leplus d’usage, est le carillon; ensuite du plusgros , jufqu’à environ deux pouces & demide grostèur ; celui qui va au delà s’em-ploie beaucoup plus rarement. L’autre ,qui est le fer méplat, différé depuis deuxlignes d’épaisseur , & 18 lignes de large ,jusqu’à environ 5 a 6 lignes d’épaisseur,& î à 6 pouces de large , appelé alors fercornette ; mais de tout le fer méplat, ce-lui dont on fait le plus d’usage est celuipour les bâtimens, qui porte environ deuxpouces & demi de large , & 6 lignes d’é-paistèur.
Mais de toutes les sortes que nous ve-nons de voir , il y en a dont les ouvriersfonc plus d’usage que d’autres; selon les di-vers ouvrages & les occasions qu’ils ont deles employer , & aussi comme ils les com-mandent aux grandes forges. ( b )
Dufer , félon ses défauts. On appelle feraigre ou casant, celui qui fe caste facilementà froid ; il y en a de si aigre, que 11 l’on neprend pas la précaution de le soutenir d’unbout à l’autre , il tombe en morceaux d’uncôté, tandis qu’on le travaille de l’autre.
Fer rouverain , celui qui le caste â chaud ,lorfqu’on le travaille.
Fer cendreux , celui qui n’ayant pas bi ellété corroyé, est rempli d’une infinité depores très-ouverts, ou de cellules remplies
(a) Méplat, c’est-à-dire , plus large qu’épais.
( h ) Grandes forges font des lieux dans les provinces où l’on íâbriquc le fer.